Le produit mondial brut augmentera moins cette année, annonce DESA

30 mai 2007

Le produit mondial brut devrait connaître un taux de croissance de 3,4% en 2007 contre 4% en 2006, a annoncé aujourd&#39hui le Directeur de la Division de l&#39analyse des politiques de développement du Département des affaires économiques et sociales (DESA), au cours d&#39une conférence de presse qu&#39il a donnée, ce matin, au Siège de l&#39ONU à New York.

Auteur du Rapport sur la situation et les perspectives économiques dans le monde, Rob Vos a attribué cette tendance à l'affaiblissement du marché de l'immobilier aux Etats-Unis.

« La détérioration de ce marché et le ralentissement de l'économie américaine qui s'ensuivrait représentent une menace pour la croissance dans le monde et les perspectives des économies en développement », a-t-il prévenu (webcast).

A cause de leur marché immobilier, les Etats-Unis devraient voir leur produit national brut (PNB) ralentir à un rythme de 2,1% en 2007 contre 3,3% en 2006, alors que la croissance japonaise reste forte avec un taux annuel moyen de 2,5% depuis 2003.

C'est l'Union européenne qui enregistre la croissance la plus forte depuis 2000. Dans la zone euro, le PNB a ainsi augmenté de 2,7% en 2006. Mais si la plupart de ses indicateurs restent favorables, l'Union européenne court pourtant le risque de voir sa croissance décliner. Le ralentissement de l'économie américaine conjuguée à l'appréciation de l'euro par rapport au dollar devrait en effet provoquer une baisse des exportations.

En outre, a poursuivi Rob Vos, les politiques fiscales pratiquées dans la zone euro sont légèrement limitatives alors que les politiques monétaires se resserrent, comme en témoignent les taux à court terme et le fait que les hausses précédentes ne se soient pas encore répercutées dans l'économie.

Les nouveaux membres de l'Union européenne ont quant à eux maintenu leur élan en 2006, certains d'entre eux enregistrant même des taux de croissance record depuis plus de dix ans.

La même tendance est perçue en Afrique où le rythme de la croissance demeure robuste à 6% en 2007. L'augmentation de la production minière et pétrolière et la hausse des dépenses publiques, en particulier dans les infrastructures, devraient booster la croissance, a expliqué l'auteur du Rapport.

En matière de croissance, la championne reste l'Asie de l'est avec une accélération de plus de 8% en 2006, même si un faible ralentissement est attendu en 2007. Si la Chine s'est maintenue à un taux de croissance supérieur à 10% en 2006, l'Inde et le Viet Nam ont contredit les tendances régionales avec un ralentissement « tout de même marginal », a tempéré Rob Vos. L'Inde est, entre autres, victime des pressions inflationnistes et de la sévérité de ses politiques monétaires.

En Asie de l'ouest, la croissance est restée forte en 2006 parce que le secteur de la construction et le secteur financier ont pu compenser la baisse des revenus pétroliers dans des pays comme l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Cette région reste tout de même celle des plus grandes disparités économiques.

Pris ensemble, les pays les moins avancés (PMA), devraient enregistrer un taux de croissance de 7% en 2007 contre 6,6% en 2006. Mais ils doivent surtout ces chiffres à l'Angola et à la Guinée équatoriale qui ont profité de la hausse de la production pétrolière.

Enfin, en Amérique latine et dans les Caraïbes, là où les taux de croissance ont dépassé toutes les attentes en 2006, la hausse des revenus, qui a donné un élan à la demande, tout comme la robustesse des secteurs externes restent des éléments favorables. Aussi le Brésil, le Mexique et l'Argentine, les plus grandes économies de la région, ont-ils fait de meilleures performances que prévu.

Toutes les régions ont profité du boom commercial en 2006. Les termes de l'échange ont atteint un taux de 9% ; les économies asiatiques se maintenant en tête de peloton, avec les exportations chinoises et indiennes qui ont augmenté de 20% en termes réels.

Si l'Afrique et l'Amérique latine exhibent désormais des taux à deux chiffres, l'année 2007 devrait leur infliger à eux et aux autres régions un retour à un taux de 7% à cause d'une baisse notable des importations américaines.

En outre, en 2007, les prix des produits de base risquent de baisser et de devenir plus volatiles encore. Le prix du pétrole qui, en 2006 a oscillé entre 80 et 60 dollars le baril, devrait descendre à 60 dollars.

La même chose est vraie pour les prix des métaux, qui avaient fait un bond de 50% en 2006, même si ceux du cuivre et du zinc étaient déjà sur une pente descendante dès la moitié de 2006.

Les prix des produits agricoles ont pris le même chemin. Si ceux du maïs et du blé ont atteint des sommets, ceux d'autres produits ont stagné, voire chuté.

Le Directeur de la Division de l'analyse des politiques du développement a aussi attiré l'attention sur la question de l'accumulation massive des réserves publiques par les pays en développement. Depuis la crise financière de 1997, les pays du Sud détiennent désormais quelque 3 000 milliards de dollars ; la Chine accumulant à elle seule plus de 1 200 milliards au premier trimestre de 2007.

A ce scénario, il faut ajouter celui des risques posés par les déséquilibres des balances de paiement. Après s'être aggravés en 2006, ces déséquilibres devraient s'atténuer légèrement en 2007.

A la fin de 2006, le déficit de la balance de paiement américaine était par exemple de 860 milliards, soit 6,5% du PNB. Il devrait descendre à 800 milliards en 2007 alors que celui des autres économies développées devrait se maintenir au montant de 600 milliards et plus, malgré les surplus substantiels de l'Allemagne et du Japon.

 

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