RDC : le Secrétaire général condamne les massacres de Kaniola

30 mai 2007

Les dernières atrocités soulignent une fois de plus la nécessité de régler le problème des milices congolaises et étrangères qui opèrent encore sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC), a estimé aujourd&#39hui le Secrétaire général face à une tuerie qui a fait 18 morts dont 12 enfants.

Ban Ki-moon a aussi préconisé un renforcement des efforts de la communauté internationale et du gouvernement congolais pour mettre en place des forces de sécurité « capables de défendre la sécurité et les droits fondamentaux des populations », a rapporté la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Hier, le Coordonnateur Humanitaire des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Ross Mountain, a condamné avec force les massacres perpétrés contre des populations civiles dans la nuit du 26 au 27 mai au Sud Kivu (dépêche du 29.05.2007).

Selon les dernières informations disponibles, « 18 personnes, dont 12 enfants, ont été froidement assassinées à l'arme blanche par des individus soupçonnés d'appartenir aux Rasta/FDLR, dans les villages isolés de Nyabuluze et Muhungu en territoire de Walungu ».

« Vingt-huit personnes ont également été grièvement blessées. Elles ont été prises en charge à l'hôpital général de référence de Kaniola et celui de Walungu », indiquait le communiqué publié par la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC).

Des informations non confirmées font état de 12 autres victimes qui auraient été retrouvées mortes dans une forêt alentour.

Lundi, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), et l'organisation non gouvernementale IRC (International Rescue Committee) ont envoyé sur place une équipe conjointe d'évaluation, dans le cadre du Mécanisme de Réponse Rapide, afin de collecter davantage d'informations relatives aux déplacements de population et à la situation sécuritaire.

« Ces violences, ainsi que les tracts menaçant d'autres exactions, ont semé un vent de panique parmi les populations de la zone qui ont pris initialement refuge dans les villages avoisinants de Kaniola et de Walungu. Néanmoins, il s'avère qu'un grand nombre de familles est désormais déplacé sur une zone qui s'étend bien au-delà des villages où ont eu lieu ces massacres », indique le communiqué.

« Nous assistons depuis dimanche soir à des migrations quotidiennes. De jour, les populations terrifiées se rendent sur leurs collines pour cultiver ou dans leurs villages pour y récupérer quelques biens puis se hâtent vers ces centres urbains où elles passent la nuit dans des familles d'accueil ou encore des locaux communautaires » a déclaré Ross Mountain.

La communauté humanitaire prévoit des déplacements de longue durée. Les acteurs humanitaires présents dans la région préconisent un appui urgent en médicaments et équipements pour la prise en charge des victimes hospitalisées, ainsi que la réalisation de missions d'évaluation inter-agences pour identifier les besoins des populations déplacées.

Le Coordonnateur Humanitaire a par ailleurs rappelé « qu'il appartient aux autorités d'assurer la protection de tous les Congolais et Congolaises, où qu'ils se trouvent ».

Un récent rapport de la MONUC révèle toutefois qu'un grand nombre de violations des droits de l'homme en RDC sont commis par les forces armées et la police congolaise elles-mêmes (dépêche du 17.05.2007).

 

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