Les Burundais doivent recueillir rapidement les dividendes de la paix, souligne Ban Ki-moon

21 mai 2007

Avec la paix, la population du Burundi attend notamment « des améliorations tangibles de l&#39infrastructure et des services sociaux de base, ainsi qu&#39une réduction du nombre de violations des droits de l&#39homme commises par le personnel du secteur de la sécurité », estime le Secrétaire général dans son dernier rapport sur le pays.

« En 2006, la démocratisation du Burundi, encore balbutiante, s'est heurtée à des obstacles de taille », écrit le Secrétaire général dans ce rapport, évoquant « les tensions entre le gouvernement et les partis politiques, les médias et la société civile, les allégations de corruption rampante et les violations graves des droits de l'homme, attribuées surtout aux services de sécurité nationaux », qui « menaçaient de faire échouer les laborieux efforts que déployaient les Burundais pour poser les fondements solides d'une paix et d'un développement durables ».

« La situation d'ensemble demeure fragile, mais je trouve encourageantes plusieurs des mesures que le Président Nkurunziza et son gouvernement ont prises depuis le début de l'année », est-il indiqué.

Le rapport souligne qu'il est « essentiel que le gouvernement et ses partenaires nationaux continuent de dialoguer lorsqu'ils rencontrent des écueils, ce qui se produit inévitablement dans un processus de consolidation de la paix ».

« S'ils abordent de façon transparente et respectueuse de la loi les facteurs qui font obstacles à la paix, les dirigeants burundais pourront éviter un retour en arrière » et pour cela, « il faudra que la réforme de la gouvernance progresse, que les partis politiques dialoguent sans qu'aucun ne soit laissé pour compte, et qu'un appui continu soit apporté en faveur du développement des capacités de la société civile et des médias ».

« La reprise des activités de la Communauté économique des pays des Grands Lacs et le fait que le Burundi est officiellement membre de la Communauté de l'Afrique de l'Est depuis juillet devraient contribuer à l'intégration régionale et offrir au Burundi et à ses voisins de réelles possibilités de développement », poursuit le rapport.

Le Secrétaire général qualifie en outre de « féconds » les contacts que le gouvernement a eus jusqu'ici avec la Commission de consolidation de la paix, espérant qu' « une fois adopté par le gouvernement et la Commission, le Cadre stratégique constituera une plate-forme utile pour un partenariat productif avec le Burundi et un appui soutenu au renforcement de la paix dans ce pays ».

Soulignant que « le manque de ressources et de capacités empêche le gouvernement de fournir les services de base », le rapport estime que « les autorités devraient redoubler d'efforts pour que la gouvernance économique soit efficace et transparente », et que « la Commission de consolidation de la paix devrait continuer de jouer un rôle actif en vue de la mobilisation de ressources pour le Burundi et aider à assurer le succès de la table ronde des donateurs ».

« J'exhorte les partenaires de développement du Burundi à contribuer à la création des capacités institutionnelles dont le gouvernement a besoin pour utiliser au mieux les ressources fournies par les donateurs », écrit le Secrétaire général.

« Malgré les progrès accomplis, le pays se trouve encore face à de formidables difficultés. L'impasse dans laquelle se trouve l'application de l'Accord général de cessez-le-feu est particulièrement préoccupante », note le rapport, appelant les parties, gouvernement et FNL (Forces de libération nationale), à respectivement « renforcer la confiance et débloquer la situation » et « à respecter leurs obligations et à appliquer sans attendre les dispositions de l'Accord ».

« Pour que la stabilité ait des fondements solides, il faudra entre autres choses que des progrès considérables soient accomplis dans la réforme du secteur de la sécurité », préconise également le rapport, soulignant que « la formation des membres des services de sécurité aux normes relatives aux droits de l'homme est indispensable à la stabilité future du pays ».

« Mais pour qu'il n'y ait plus de violations graves des droits de l'homme, il faudra aussi que le gouvernement fasse des efforts déterminés et prenne des mesures concrètes pour mettre fin à la culture de l'impunité », avertit le Secrétaire général.

« Pour que la paix dure, il faudra aussi que les Burundais se réconcilient avec les conséquences de leur passé tragique et se construisent un avenir commun », ajoute-t-il, soulignant l'importance que le gouvernement et l'ONU parviennent prochainement à un accord concernant les négociations sur le cadre juridique qui régira l'établissement d'une Commission Vérité et réconciliation et d'un Tribunal spécial.

La Haut Commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour est arrivée ce weekend depuis la République démocratique du Congo (RDC) dans le pays afin de réaffirmer l'importance de protéger et de promouvoir les droits de l'homme pour la réconciliation nationale et la reconstruction. Elle se rendra ensuite au Rwanda.

 

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