Côte d&#39Ivoire : l&#39accord de Ouagadougou à l&#39épreuve de sa mise en oeuvre

16 mai 2007

Saluant l&#39accord de Ouagadougou comme « un authentique tournant » en Côte d&#39Ivoire, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon exhorte aujourd&#39hui dans un rapport les parties ivoiriennes à faire preuve de constance et à maintenir le processus de paix sur les rails.

« La maîtrise du processus de paix fait peser sur les parties ivoiriennes une responsabilité de poids, celle d'appliquer l'accord de Ouagadougou intégralement et de bonne foi », écrit le Secrétaire général dans son dernier rapport sur l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ).

« Le fait qu'elles ont su tenir la première grande date butoir fixée dans le calendrier d'exécution est de bon augure sur ce point », mais « comme dans tout processus de paix, des événements imprévus viendront mettre à l'épreuve leur volonté à chaque étape critique », fait-il observer.

Pour Ban Ki-moon, « il faut absolument nourrir et sustenter l'esprit de consensus engendré par l'accord de Ouagadougou, forger la cohésion nationale et encourager une véritable réconciliation nationale, afin qu'elles sous-tendent le climat politique positif qui est en train de s'instaurer ».

« Par ailleurs, si l'on entend préserver un climat politique sain et la confiance entre les parties, il sera essentiel de venir à bout des principales sources d'insécurité que sont notamment les violations des droits de l'homme, l'activité des milices et l'incitation des médias à la violence », fait-il observer.

Le rapport rappelle qu' « avant l'ouverture du dialogue de Ouagadougou, les parties ivoiriennes avaient signé cinq accords de paix depuis le début du conflit en 2002 ».

« Chacun de ces accords contribuait de manière significative au règlement de certains aspects importants de la crise. En outre, dans le cadre de ces accords, les forces impartiales aidaient à prévenir une situation dans laquelle les parties reviendraient à des hostilités sur une grande échelle ».

Avec l'accord de Ouagadougou, « pour la première fois depuis le début de la crise, les parties ivoiriennes ont noué un dialogue de leur propre initiative, avec un facilitateur de leur choix ».

« De surcroît, elles ont elles-mêmes tracé le cadre devant permettre de régler les questions fondamentales qui avaient jusque-là entravé les progrès du processus de paix » et « les partis d'opposition, qui n'étaient pas directement associés au dialogue, ont confirmé leur plein appui à l'Accord et le mandat qu'ils avaient confié au Premier Ministre Soro à l'effet de les représenter ».

« La volonté politique des parties à elle seule ne permettra pas de maintenir le processus de paix », prévient toutefois le rapport, estimant que « le retard avec lequel ont été lancées les opérations de démantèlement des milices, de cantonnement des ex-forces combattantes, de redéploiement de l'autorité de l'État et des sessions des audiences foraines, qui toutes devaient commencer le 23 avril, souligne les difficultés que présente l'application de l'Accord pour des institutions nationales dont la capacité demeure limitée ».

« Les autorités ivoiriennes auront besoin de l'assistance des Nations Unies et des autres partenaires internationaux pour développer la capacité des principales institutions nationales participant à l'application de l'accord, en particulier le centre de commandement intégré qui a été constitué récemment », est-il écrit.

Le Secrétaire général souligne que « l'épreuve décisive pour l'accord de Ouagadougou sera sa capacité à régler les questions fondamentales qui sont au coeur de la crise ivoirienne, en particulier l'identification de la population, le désarmement des combattants, la réunification du pays et le rétablissement de l'autorité de l'État sur toute l'étendue du territoire ».

« À défaut, c'est tout le processus de paix qui pourrait capoter, avec les graves conséquences que cela entraînerait non seulement pour la Côte d'Ivoire, mais également pour la sous-région », insiste-t-il..

« L'accord de Ouagadougou représente une chance tant pour les parties ivoiriennes que pour leurs partenaires internationaux, celle de tourner la page », mais « ce pourrait bien être la dernière chance d'un règlement pacifique de la crise », prévient le Secrétaire général.

 

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