Le Conseil de sécurité pourrait lui-même instituer un tribunal international dans l&#39affaire Hariri

15 mai 2007

Maintenant que tous les efforts diplomatiques pour obtenir un consensus au Liban sur la création d&#39un tribunal international dans l&#39affaire Hariri ont été épuisés, le Secrétaire général de l&#39ONU, Ban Ki-moon, a annoncé aujourd&#39hui que le Conseil de sécurité devrait trancher la question, comme le demande le Premier ministre libanais.

« J'ai reçu une lettre officielle du Premier ministre Siniora sur la mise en place du tribunal international sur l'assassinat de Rafik Hariri, indiquant que la ratification du plan établi en collaboration avec l'ONU par la voie constitutionnelle interne au Liban n'était pas pratiquement possible », a déclaré le Secrétaire général devant la presse, à l'issue d'un déjeuner avec les membres du Conseil de sécurité (webcast).

L'opposition libanaise qui comprend les mouvements « Amal, Hezbollah et du Courant patriotique libre » refuse la constitution de ce tribunal.

« Le Premier ministre Siniora estime donc que le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre les mesures nécessaires », a informé le Secrétaire général.

Après avoir discuté avec les membres du Conseil de sécurité, je pense que toutes les voies diplomatiques ayant été épuisées, y compris mes propres offices, et ayant reçu une requête officielle du Liban, il faudra à présent que le Conseil prenne les mesures qui s'imposent, a déclaré Ban Ki-moon (dépêche du 2.05.2007).

« Il y a un consensus général au sein du Conseil sur la nécessité de le faire », a-t-il ajouté.

Interrogé sur le risque de déstabilisation que pourrait faire peser une résolution du Conseil de sécurité sur le Liban, évoquée tant par le président libanais Emile Lahoud que par le gouvernement syrien, Ban Ki-moon a souligné que « la solution la plus désirable aurait été de réunir un consensus national ».

Réservant son jugement sur « les scénarios possibles » après l'intervention du Conseil, le Secrétaire général a exprimé l'espoir que « les gouvernements de la région se comporteraient de façon responsable ».

Ce dernier a souligné l'importance de « lutter contre l'impunité » en particulier pour les crimes politiques.

La Commission d'enquête mise en place au Liban par le Conseil de sécurité a pour mandat de rechercher les auteurs non seulement de l'attentat qui a coûté début 2005 la vie à l'ex-premier ministre Rafik Hariri et 22 autres personnes, mais aussi à la dizaine d'attentats visant des personnalités politiques intervenus depuis.

A la question de savoir si le Conseil de sécurité devrait adopter une résolution dans le cadre du Chapitre VII, c'est-à-dire sous la menace de mesures allant de sanctions économiques au recours à la force, le Secrétaire général a souligné que la décision revenait au Conseil, mais que « le Premier ministre avait demandé que le Conseil de sécurité prenne une décision ayant force obligatoire ».

Pour sa part, le président du Conseil de sécurité pour le mois de mai, l'ambassadeur des Etats-Unis, Zalmay Khalizad, a indiqué aujourd'hui devant la presse qu'un projet de résolution pourrait être présenté dès la fin de cette semaine.

« Nous comprenons qu'il y a des risques, mais nous pensons que les risques de l'inaction sont plus grands », a-t-il estimé, insistant sur le fait que le gouvernement légitime du Liban avait demandé l'aide du Conseil.

 

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