Ouganda : la négociation ne doit pas conduire à l&#39impunité, exhorte Louise Arbour

11 mai 2007

La Haut Commissaire aux droits de l&#39homme, Louise Arbour, a appelé aujourd&#39hui le gouvernement ougandais et l&#39Armée de résistance du Seigneur (Lord&#39s Resistance Army, LRA) à ne pas céder à la tentation de préserver l&#39impunité des chefs du groupe armé, alors que le Secrétaire général appelait aujourd&#39hui à la libération des enfants kidnappés.

Louise Arbour a rappelé que la Cour pénale internationale (CPI) avait émis des mandats d'arrêt contre cinq dirigeants de la LRA pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a rapporté la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York (dépêche du 7.10.2005).

Les pourparlers de paix doivent reprendre demain à Juba, capitale du Sud-Soudan.

La Haut Commissaire a appelé les parties à s'engager dans des consultations « centrées sur les victimes », qui permettrait de rassembler l'opinion de toutes les parties concernées sur la meilleure façon d'administrer la justice, et sur un mécanisme approprié de réconciliation.

Par ailleurs, le Secrétaire général a publié aujourd'hui son dernier rapport en date au Conseil de sécurité sur la question des enfants et des conflits armés en Ouganda, qui couvre la période du 8 juin 2006 au 15 mars 2007.

Le rapport rappelle que les pourparlers de paix ont été ouverts le 14 juillet 2006 sous la médiation du Vice-président du Sud-Soudan, Riek Machar. Un accord de cessation des hostilités, mettant fin à près de 15 ans de combats et d'atrocités, a été signé le 26 août 2006 puis étendu jusqu'au 28 février 2007.

Les enlèvements d'enfants, tactique reconnue de la LRA pour en faire des combattants ou des esclaves sexuels, avait baissé de 1.500 environ en janvier 2005 à 222 au cours des six premiers mois de l'année 2006.

« Il faut noter que depuis septembre 2006, il n'y a pas eu de signalement confirmé d'enlèvements d'enfants par la LRA en Ouganda », note le rapport, qui explique ce phénomène par le fait que la plupart des éléments actifs du groupe armé se trouvent maintenant en République démocratique du Congo (RDC) ou au Sud-Soudan.

Mais l'on estime que la LRA détiendrait encore 2.000 femmes et enfants.

Ces derniers continuent de tenter d'échapper aux mains de la LRA, récupérés par l'armée ougandaise et remis aux organisations non gouvernementales (ONG).

Ainsi, entre septembre 2006 et février 2007, 28 enfants dont deux filles sont parvenues à s'échapper et ont rapporté la présence de jeunes filles trop terrifiées pour pouvoir s'enfuir.

Parallèlement, le rapport déplore le signalement d'actes de harcèlement sexuel et d'abus sexuels de la part des soldats de l'armée régulière ougandaise, notamment à l'intérieur des camps de réfugiés.

Le rapport du Secrétaire général déplore que les « graves violations à l'encontre des enfants ne sont que rarement l'objet de poursuites en Ouganda », surtout dans le nord du pays où il y a peu d'accès à la justice.

En conclusion, le Secrétaire général exhorte les parties à agir au plus vite pour parvenir à la libération des enfants kidnappés, pour mettre fin au recrutement des enfants soldats et les remettre aux ONG.

Ban Ki-moon encourage, dans son rapport, une délégation du Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés du Conseil de sécurité à mener une mission en Ouganda.

Le précédent Secrétaire général, Kofi Annan, avait nommé en décembre 2006 Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, au poste d'Envoyé spécial pour les zones touchées par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) (dépêche du 4.12.2006).

 

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