Les questions politiques polluent le dialogue entre les civilisations, estime Amre Moussa

10 mai 2007

Le choc des civilisations est une question politique, plus que culturelle ou religieuse, a déclaré aujourd&#39hui devant la presse Amre Moussa, Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, alors que le troisième débat de l&#39Assemblée générale sur “Les civilisations et le défi de la paix : Obstacles et possibilités” s&#39est ouvert ce matin à New York.

Amre Moussa a affirmé que le coeur du problème était la question palestinienne. « Il y a bien sûr d'autres problèmes au Moyen-Orient qu'il ne faut pas sous-estimer, comme l'Iraq ou les tensions avec l'Iran, mais il n'en demeure pas moins que sans une solution aux problèmes palestiniens, la stabilité de la région ne sera pas possible », a-t-il dit.

« Il faut promouvoir la paix plutôt que de continuer à perdre du temps, ce qui ne peut qu'engendrer la poursuite du chaos », a souligné Amre Moussa, estimant que « l'islamophobie existe, comme l'antisémitisme existe », et qu'il faut les considérer comme « des menaces à la sécurité internationale ».

« Nous, du côté arabe, nous croyons que si l'on ne règle pas ce conflit, il n'y aura ni changement ni paix », a-t-il insisté. « Le quarantième anniversaire de la guerre de 1967 doit nous rappeler que nous avons 40 ans de retard dans le règlement de cette question ».

L'heure est venue de relancer le processus de paix et de reprendre les négociations, 2007 est une année cruciale, a estimé Ame Moussa, assurant que « le monde arabe est prêt à avancer vers la paix si Israël est prêt, lui aussi ».

« C'est parce que la situation dans les territoires change en ce moment qu'il faut agir maintenant », a souligné le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes.

« Avec une volonté politique claire de faire la paix, la paix serait réalisée en six mois », a-t-il affirmé, estimant que « du côté arabe, tout ce qui devait être fait l'avait été » par le biais de l'Initiative arabe, alors que « rien n'a été offert du côté israélien ».

Interrogé sur la responsabilité des pays arabes dans l'échec du processus de paix jusqu'à ce jour, Amre Moussa a appelé à ne pas oublier que ce conflit a pour origine « une occupation militaire étrangère » de la part d'Israël.

Concernant la promesse de dons au Darfour de la Ligue des Etats arabes, qui n'a pas encore été tenue à plus de 10%, il a reconnu que les paiements arrivaient avec lenteur mais a assuré que tout serait payé « bientôt ».

Sur l'Iraq, il a rappelé que les pays arabes souhaitaient des avancées politiques, pas uniquement sécuritaires, vers un nouvel Iraq où toutes les factions seraient représentées.

« La question du retrait des troupes américaines est une question que les Américains doivent régler. Ce dont les Arabes doivent s'occuper, c'est de l'Iraq, pour faire en sorte que le conflit existant ne dure pas pendant des années », a estimé Amre Moussa.

Interrogé sur la question de l'intégration de la Turquie à l'Union européenne, auquel le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé qu'il ferait barrage, Amre Moussa a noté que les négociations allaient se poursuivre et qu'un résultat positif pouvait être atteint, soulignant qu'en 10 ans, « les choses et les gouvernements peuvent encore changer ».

Il a espéré que la Turquie parviendrait à rentrer dans l'Europe, estimant que l'idée d' « un club de pays chrétiens » ne constituait pas la bonne manière d'aborder cette question.

Concernant la Somalie, Amre Moussa a espéré que la Conférence de réconciliation nationale, maintes fois repoussée, aurait finalement lieu en juin et souligné la nécessité qu'elle inclue toutes les parties. « En l'absence d'une partie, la réconciliation est inenvisageable », a-t-il insisté, rappelant toutefois que la question des parties à la Conférence restait à déterminer dans le cadre de discussions.

 

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