Liban : la mission de l&#39ONU sur la création d&#39un tribunal dans l&#39affaire Hariri n&#39a pas permis de progrès

2 mai 2007

Même si toutes les parties au Liban se sont exprimées en faveur de la mise en place d&#39un Tribunal international pour juger les auteurs des attentats commis depuis 2004, « il n&#39y a pas eu de progrès à l&#39issue de ma mission », a dit Nicolas Michel, au retour d&#39une mission à Beyrouth, où il a rencontré les principales figures politiques libanaises.

Nicolas Michel se trouvait à Beyrouth du 17 au 21 avril, avec pour mandat « d'essayer d'assister les autorités libanaises et les partis libanais à ratifier l'accord bilatéral entre le Liban et l'ONU sur la création d'un Tribunal international, conformément à la Constitution libanaise ».

Lors d'une conférence de presse à New York à l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, le responsable juridique de l'ONU a rappelé qu'à l'origine de l'initiative de ce Tribunal, il y avait une demande expresse de la part d'un gouvernement libanais dont la légitimité à l'époque n'était aucunement remise en cause.

Le Secrétaire général adjoint a rencontré le président Lahoud, le Premier ministre Siniora et le président du Parlement Berri, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, y compris certains des ministres démissionnaires, et des parlementaires ainsi que d'autres figures politiques.

Le Coordonnateur spécial du Secrétaire général pour le Liban, Geir O. Pedersen, a aussi pris part aux discussions.

« Je crois que j'ai pu avoir une vue assez claire de la position des interlocuteurs du pays », a dit Nicolas Michel qui espérait pouvoir discuter du fond de l'affaire c'est-à-dire faciliter les discussions entre parties libanaises et d'éventuels aménagements au statut du Tribunal, qui a déjà été approuvé par le Conseil de sécurité.

« Malheureusement, nous n'avons pu parvenir à ce stade », même si le président libanais a « pris la parole fermement en faveur de la création du tribunal », a-t-il dit.

« Les membres de l'opposition ont fait savoir que la mise en place d'une minorité de blocage au gouvernement serait une condition préalable à toute discussion sur la création du Tribunal », a-t-il expliqué.

Le Liban connaît depuis plusieurs mois une crise politique, après que les ministres pro-syriens du Hezbollah et du parti Amal ont démissionné du gouvernement de Fouad Siniora et remis en cause, y compris à l'aide de manifestations de rue, sa légitimité, précisément sur le principe de la création de ce Tribunal.

Nicolas Michel a dit avoir lancé un appel « à transformer leurs engagements de principe au soutien du Tribunal en une réalité tangible ».

Interrogé à plusieurs reprises sur l'éventualité de la mise en place du Tribunal par le Conseil de sécurité, au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Secrétaire général adjoint a dit que « si la question était débattue dans l'opinion publique libanaise, sa mission ne comprenait pas la recherche de possibilités alternatives à la création de cette juridiction selon les procédures internes ».

Prenant la parole devant la presse à New York, le représentant de la Fédération de Russie s'est prononcé aujourd'hui pour la mise en place au plus vite du Tribunal international.

Interrogé sur le risque de division du pays sur la question, Vitaly Churkin a estimé que « le peuple libanais ne peut pas se tourner vers le Conseil de sécurité pour régler tous ses problèmes ».

 

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