L&#39impasse entre l&#39Ethiopie et l&#39Erythrée est « dangereuse » pour la stabilité de l&#39ensemble de la région

2 mai 2007

« Je demeure profondément préoccupé par la phase dans laquelle se trouve le processus de paix entre l&#39Éthiopie et l&#39Érythrée et par la tension croissante entre les deux pays », déclare le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur la question.

La situation est exacerbée par des déclarations publiques hostiles, l'instabilité et l'insécurité dans la zone temporaire de sécurité et alentours, ainsi que l'implication des parties dans d'autres crises régionales complexes, indique ce rapport qui porte sur la période entre le 22 janvier et le 22 avril 2007.

« Cette impasse demeure une source préoccupante d'instabilité pour les deux pays, ainsi que pour l'ensemble de la région ».

La situation entre les parties demeure volatile compte tenu notamment de l'expiration prochaine du délai de 12 mois prévu par la Commission dans sa déclaration du 27 novembre 2006 concernant la démarcation de la frontière.

« J'exhorte les deux parties à s'abstenir de déclarations publiques hostiles et à retirer leurs troupes des positions qu'elles occupent aussi bien à l'intérieur de la zone temporaire de sécurité qu'alentours », écrit Ban K-moon, les invitant également « à coopérer avec la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) en vue de reprendre les réunions de la Commission de coordination militaire qui pourrait aider à gérer et à atténuer les tensions sur le terrain ».

Le Secrétaire général fait état de son intention de continuer à engager les deux parties et à consulter des partenaires régionaux et internationaux clefs à l'appui de tous les efforts qui sont faits pour surmonter l'impasse dangereuse dans laquelle nous nous trouvons actuellement et créer un environnement favorable à la conclusion d'un accord durable et global.

Dans ce contexte, il envisage de désigner un nouveau représentant spécial pour diriger la MINUEE et prendre en charge tous les aspects relatifs à son engagement auprès des parties.

En même temps, « tout effort pour améliorer les relations entre les parties ne peut aboutir que si les parties font preuve de la volonté politique nécessaire pour surmonter la présente impasse, assurer à la MINUEE et à la Commission leur pleine coopération et exercer la plus grande prudence sur le terrain », souligne le rapport.

Dans ce contexte, il s'est dit « encouragé » par la déclaration faite par le Premier Ministre éthiopien le 29 mars dernier selon laquelle son gouvernement accepte la décision de la Commission du 13 avril 2002 concernant le tracé de la frontière.

Toutefois, la position de l'Éthiopie en ce qui concerne la coopération avec la Commission en vue de la mise en oeuvre de cette décision demeure l'un des principaux facteurs de la présente impasse, avec la tension croissante qui existe entre les deux pays.

« La communauté internationale attend donc du gouvernement éthiopien qu'il manifeste clairement sa volonté de coopérer pleinement avec la Commission de façon que celle-ci puisse procéder à la démarcation de la frontière sans retard ni condition préalable supplémentaire ».

Parallèlement, les restrictions persistantes et croissantes imposées par l'Érythrée aux déplacements et aux opérations de la MINUEE constituent « une grave violation de l'Accord du 18 juin 2000 sur la cessation des hostilités ainsi que du Protocole conclu entre l'Érythrée et la MINUEE le 17 juin 2001 et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».

« Ces restrictions réduisent encore la capacité de suivi de la Mission à l'intérieur de la zone temporaire de sécurité et constituent un grave obstacle à l'exécution de son mandat », déplore une nouvelle fois le Secrétaire général.

« Il est utile de rappeler, dans ce contexte, que la MINUEE a été déployée initialement à l'invitation des deux parties », souligne Ban Ki-moon.

« Malgré les nouvelles réductions de sa composante militaire, leurs incidences sur ses capacités opérationnelles et les restrictions auxquelles elle se trouve confrontée depuis 2005, la MINUEE continue à jouer un rôle important en encourageant les parties à faire preuve de retenue et en appuyant l'engagement international en faveur des Accords d'Alger et de la décision de la Commission du tracé de la frontière concernant la délimitation de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie », indique le rapport.

 

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