A New York, le Haut Commissaire aux réfugiés fait le point de ses visites en Iraq et au Darfour

1 mai 2007

Antonio Guterres est revenu aujourd&#39hui sur les résultats de la conférence sur l&#39Iraq organisée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), et le rôle de l&#39agence au Soudan.

« Les principales conclusions de la conférence ont été un ferme engagement de l'Etat iraquien de prendre ses responsabilités pour soutenir les réfugiés iraquiens hors du pays », a souligné Antonio Guterres lors d'une conférence de presse (webcast) à New York (dépêche du 17.04.2007).

« Pour la première fois, le gouvernement iraquien a annoncé des mesures financières mais aussi la volonté de négocier avec la Syrie et la Jordanie des moyens d'appuyer le système éducatif et de santé pour les Iraquiens, y compris de façon financière », a-t-il expliqué.

Dans l'immédiat, le gouvernement a annoncé la mobilisation de 25 millions de dollars pour soutenir les besoins élémentaires des Iraquiens dans les pays de la région.

« La meilleure solution est le retour de ce réfugiés dans la dignité mais en attendant des conditions de sécurité suffisantes, il faut que le lien soit maintenu avec le gouvernement iraquien », a insisté Antonio Guterres.

La conférence a aussi souligné « l'extraordinaire générosité » des pays de la région, notamment de la Syrie et de la Jordanie. « Il y a plus d'un million d'Iraquiens en Syrie, 750.000 en Jordanie, et ces pays assurent leur protection et ont accepté de ne pas les refouler vers l'Iraq », a-t-il noté.

Il y a à l'heure actuelle 1,9 million de déplacés à l'intérieur de l'Iraq, mais les derniers chiffres montrent un flux de 40.000 à 50.000 par mois vers les pays voisins.

« La présence de ces réfugiés fait peser un poids considérable sur leur système éducatif, de santé, l'inflation et l'immobilier », a souligné le Haut Commissaire.

Enfin, la conférence a permis de définir le rôle des diverses agences des Nations Unies afin de répartir le travail. « Le HCR a décidé d'accroître la présence de son personnel international à Bagdad, où pour l'instant ne figurent que du personnel national », a dit Antonio Guterres qui a affirmé avoir « beaucoup de respect pour le personnel qui travaille à Bagdad ».

Par ailleurs, il a dit qu'il faudrait envisager des solutions d'établissement dans d'autres pays du monde, pour ceux qui sont particulièrement vulnérables, qui appartiennent à des groupes particulièrement visés ou qui ont subi la torture.

« Vingt mille personnes sont dans ce cas », a dit Antonio Guterres.

Interrogé sur l'ironie qu'il y avait à constater que les Etats-Unis n'avaient accepté qu'un nombre très réduit de réfugiés, Antonio Guterres a souligné que la réinstallation des réfugiés iraquiens avait été extrêmement difficile.

Dans le monde entier, entre 50.000 et 70.000 réfugiés parviennent à trouver un pays d'accueil, donc 20.000 pour l'Iraq est un chiffre très important. Les Etats-Unis ont dit qu'ils accueilleraient 7.000 personnes et que ce ne nombre augmenterait. Le HCR a déjà soumis 2934 dossiers, a dit Antonio Guterres.

Le Haut Commissaire aux réfugiés a aussi évoqué son voyage au Soudan, où le HCR a trois opérations.

Tout d'abord au Sud-Soudan où une opération a permis le retour de près de 30.000 Soudanais vers le pays depuis le début de l'année.

Ensuite dans l'Est du Soudan où sont réfugiés dans l'oubli du monde plus de 100.000 Erythréens qui sont là depuis des décennies pour la plupart. Ils vivent dans de très difficiles conditions et le HCR envisage d'accroître ses opérations.

Enfin, au Darfour où le HCR entend augmenter sa présence dans l'ouest.

Antonio Guterres a exprimé l'espoir que les mesures « d'appui lourd » à l'Union africaine, le déploiement de 3.000 soldats, pourraient être rapidement mises en place.

 

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