Somalie : le Conseil de sécurité réclame un accès humanitaire

30 avril 2007

Par la voie d&#39une déclaration présidentielle le Conseil de sécurité a exprimé aujourd&#39hui sa grave préoccupation face à la reprise des combats et leur impact sur la population civile, appelant les parties à ouvrir un accès humanitaire et à permettre le déploiement des troupes de l&#39Union africaine, l&#39AMISOM.

Le Conseil « déplore profondément les pertes en vies humaines parmi la population civile » et condamne « en particulier le bombardement aveugle de zones densément peuplées de Mogadiscio » a affirmé au nom de ses 15 membres le président du Conseil de sécurité pour le mois d'avril, Emyr Jones Parry, du Royaume-Uni.

Il « appelle toutes les parties à mettre fin immédiatement aux hostilités et à convenir d'un cessez-le-feu global ».

Le Conseil souligne aussi la « nécessité de redoubler d'efforts pour acheminer une aide humanitaire d'urgence en Somalie, y compris l'assistance nécessaire aux centaines de milliers de personnes déplacées ».

Il « exige » aussi des autorités compétentes « qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir » pour favoriser la libre circulation de l'aide et des travailleurs humanitaires dans toute la Somalie, ainsi qu'à l'entrée et à la sortie du pays.

Il engage également les pays de la région à faciliter l'acheminement de l'aide en Somalie, à travers les frontières terrestres ou via les aéroports et les ports.

Au niveau politique, le Conseil appelle aussi le gouvernement fédéral de Transition à reprendre le dialogue avec « toutes les composantes de la société somalienne », et en particulier, « son dialogue avec les clans à Mogadiscio ».

Conquise l'année dernière par les Tribunaux islamiques, la capitale Mogadiscio a été reprise en janvier 2007 par une alliance des forces du gouvernement fédéral de transition installé à Baidoa et de l'armée éthiopienne, mais elle continue d'être le théâtre de graves affrontements.

Dans son dernier rapport sur la Somalie, le Secrétaire général estimait que la recherche d'une solution militaire aux problèmes de sécurité dans la capitale, actuellement ravagée par les combats, serait « vraisemblablement contreproductive et susciterait des rancoeurs à long terme parmi certains clans et communautés, compromettant les perspectives de réconciliation » (dépêche du 20.04.2007).

Encourageant le Secrétaire général et les pays de la région à offrir leurs bons offices, le Conseil évoque la possibilité de « prendre des mesures à l'encontre de ceux qui empêchent ou bloquent un processus politique pacifique, menacent les Institutions fédérales de transition en usant de la force ou travaillent à remettre en cause la stabilité en Somalie ou dans la région », comme il l'avait évoqué dans sa résolution 1744 (2007).

Par cette résolution, le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, autorisait l'Union africaine à établir, pour une période de six mois, une mission en Somalie (AMISOM) dont le rôle doit consister à permettre d'assurer la liberté de mouvement, les déplacements et la protection des participants au Congrès de réconciliation nationale prévu dans ce pays (dépêche du 20.02.2007).

« Le déploiement intégral et effectif de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) revêt une importance capitale », réaffirme aujourd'hui le Conseil dans sa déclaration.

Enfin, le Conseil demande au Secrétaire général de « commencer sans attendre à établir un plan d'action en vue d'une éventuelle mission des Nations Unies » qui serait déployée si le Conseil de sécurité décidait de l'autoriser.

La Somalie est en état de guerre civile, sans gouvernement central fonctionnel depuis près de 16 ans en dépit de l'organisation de 14 initiatives de paix distinctes.

Le Coordonnateur humanitaire pour la Somalie, Eric Laroche, a adressé samedi une « lettre ouverte» aux dirigeants somaliens, aux commandants militaires, aux anciens et aux représentants communautaires, pour rappeler que Mogadiscio connaissait à l'heure actuelle la pire situation en 16 ans de conflit.

Il réclamait en particulier le respect de l'accès humanitaire par tous, y compris les forces militaires éthiopiennes.

 

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