Droits de l&#39homme : la mission de l&#39ONU en Iraq appelle à la transparence

25 avril 2007

Dans son dernier rapport sur la situation des droits de l&#39homme en Iraq la Mission de l&#39ONU déplore la poursuite des attaques systématiques contre la population civile, qui constituent des crimes contre l&#39humanité et des crimes de guerre, et regrette que le gouvernement iraquien n&#39ait pas jugé bon de lui communiquer les chiffres qui lui permettaient d&#39établir un décompte des victimes dans le pays.

Le rapport, qui couvre la période entre le 1er janvier et le 31 mars, et qui sera dorénavant trimestriel, détaille les « graves violations des droits de l'homme » et vise à « aider le gouvernement iraquien à assurer la protection des droits fondamentaux et le respect de l'Etat de droit », affirme la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI).

« Compte tenu des conditions de sécurité actuelles et de la nature des violences qui touchent de nombreuses régions du pays, la MANUI reconnaît les énormes difficultés auxquelles font face le gouvernement dans ses efforts pour restaurer l'ordre public », souligne le document.

« Ses forces de sécurité sont en butte aux attaques menées sans répit par les groupes insurgés, et les groupes armés sunnites et chiites poursuivent les attaques suicide visant directement les civils, les enlèvements, les exécutions extrajudiciaires, sans distinction entre civils et combattants ».

« Ces attaques systématiques contre la population civile sont des crimes contre l'humanité et violent le droit de la guerre, et leurs auteurs doivent être traduits en justice », souligne la MANUI qui rappelle que le gouvernement reste tenu d'assurer la protection des civils.

A cet égard, le rapport s'inquiète « du manque apparent de garanties judiciaires dans le traitement des suspects arrêtés dans le cadre du plan de sécurisation de Bagdad ».

De même, « le recours à la torture et à d'autres traitements inhumains dans les centres de détention sous l'autorité des ministères de la Défense et de l'Intérieur continuent de soulever de graves préoccupations ».

Le rapport note les informations relatives « à de possibles collusions entre les milices armées et les forces spéciales iraquiennes dans les raids et opérations de sécurisation, ainsi que le manque d'intervention pour empêcher kidnappings, meurtres et autres crimes ».

S'agissant par ailleurs de la compilation des données chiffrées, « dans ses précédents rapports, la MANUI citait régulièrement les informations officielles du gouvernement iraquien, notamment les statistiques du gouvernement de l'Education sur les meurtres d'enseignants et celles du ministère de l'Intérieur sur les policiers ».

« Il est donc regrettable que le gouvernement iraquien n'ait pas fourni à la MANUI d'accès aux chiffres globaux relatifs à la mortalité communiqués par le ministère de la Santé », fait observer le rapport.

« LA MANUI souligne une fois de plus la nécessité absolue pour le gouvernement iraquien d'agir de façon transparente, et n'accepte pas la suggestion selon laquelle elle aurait utilisé les chiffres relatifs à la mortalité de façon inappropriée », note le rapport.

Selon ce dernier, le ministère de l'Intérieur aurait annoncé le chiffre de 1.646 civils tués en février, pour la plupart à Bagdad.

Le rapport souligne enfin que selon Reporters sans frontières, au mois de mars, 153 journalistes avaient trouvé la mort en Iraq depuis mars 2003.

Le rapport de la MANUI publié au mois de janvier estimait à 34.452 le nombre de civils tués en Iraq en 2006, et autant de blessés (dépêche du 16.01.2007).

 

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