Somalie : la recherche de solutions militaires pour stabiliser Mogadiscio sera vraisemblablement contreproductive

20 avril 2007

Dans son dernier rapport périodique sur la situation en Somalie, le Secrétaire général estime que la recherche d&#39une solution militaire aux problèmes de sécurité dans la capitale, actuellement ravagée par les combats, sera « vraisemblablement contreproductive et suscitera des rancoeurs à long terme parmi certains clans et communautés, compromettant les perspectives de réconciliation ».

« Il est impératif d'obtenir la fin immédiate des combats, qui suppose la cessation des hostilités et un engagement de toutes les parties prenantes envers la paix » et « il faut en outre dissuader certains acteurs régionaux de contribuer à l'instabilité et à la prolifération des armes en Somalie, tout en encourageant les apports positifs que d'autres font », souligne le rapport publié aujourd'hui.

Ce document détaille les progrès obtenus dans le processus politique et la réconciliation nationale que demande le Conseil de sécurité au paragraphe 3 de sa résolution 1744.

Conformément à cette résolution, le Secrétaire général a dépêché une mission d'évaluation technique multidisciplinaire dans la région du 15 au 26 mars 2007, dont les conclusions sont aussi présentées.

« La Somalie est en état de guerre civile, sans gouvernement central fonctionnel depuis près de 16 ans en dépit de l'organisation de 14 initiatives de paix distinctes », rappelle la mission.

Cette mission est arrivée à la conclusion que « si la situation actuelle en Somalie offre une perspective de rétablir des institutions de gouvernement effectives et de faire avancer l'application de la Charte fédérale de transition, elle présente également des risques considérables de poursuite de l'instabilité ».

« Si le 'Somaliland' et le 'Puntland' demeurent stables, la situation dans le centre et le sud de la Somalie demeure très précaire et s'est récemment détériorée », souligne la mission, notant une recrudescence des combats interclaniques et intraclaniques à Mogadiscio et ailleurs en Somalie ainsi que des attaques contre les troupes éthiopiennes et les forces du Gouvernement fédéral de transition dans la capitale, soit contre des convois parcourant la ville, soit contre les casernements des soldats et les résidences officielles et les hôtels.

« L'Union africaine a besoin d'urgence de renforcer le contingent ougandais pour faciliter le retrait des forces éthiopiennes encore présentes et pour élargir son domaine d'opérations tant à Mogadiscio qu'au-delà », souligne la mission dans ce rapport.

« Les dirigeants de l'Union africaine ont exhorté les Nations Unies à se préparer à prendre rapidement la relève de la Mission de l'UA en Somalie (AMISOM) dans les responsabilités de maintien de la paix », ont rapporté ses membres.

Le Secrétaire général souligne dans ce rapport la nécessité d'élargir le processus politique et d'encourager une authentique réconciliation par un dialogue ouvert à tous, notamment par le biais d'une Conférence qui devait avoir lieu le 16 avril mais a été depuis repoussée.

« La communauté internationale, mais également la société somalienne, poussent activement le Gouvernement fédéral de transition à rechercher une réconciliation en faisant intervenir toutes les parties prenantes désireuses de renoncer à la violence et de respecter la Charte fédérale de transition », est-il écrit.

Par ses contacts réguliers avec les dirigeants des institutions fédérales de transition, le Représentant spécial du Secrétaire général, François Lonseny Fall, a continué à affirmer qu'il faut que ces institutions nouent des relations bien réelles avec toutes les parties prenantes somaliennes afin de parvenir à une réconciliation nationale authentique.

« Il a également eu des contacts avec les dirigeants modérés de l'ex-Union des tribunaux islamiques, les encourageant à renoncer à la violence, à se conformer aux dispositions de la Charte fédérale de transition et à viser sans conditions préalables la réconciliation avec le Gouvernement fédéral de transition ».

Le rapport indique que certains dirigeants modérés de l'Union des tribunaux islamiques ont marqué de l'intérêt pour l'idée de participer au Congrès de réconciliation mais ont exigé de siéger en qualité de représentants de l'Union des tribunaux islamiques, ce qui est inacceptable pour le gouvernement.

Concernant la situation dans le pays, le Secrétaire général souligne que « l'insécurité aggrave la vulnérabilité des Somaliens, qui pâtissent à la fois des conflits civils et des catastrophes naturelles ».

« Le peuple somalien semble las du conflit et prêt à instaurer la paix et accueillerait favorablement les forces de maintien de la paix des Nations Unies », estime enfin le rapport, notant toutefois qu' « un certain nombre d'acteurs continuaient à profiter de l'instabilité et de l'absence de gouvernement central et n'avaient donc guère intérêt à voir la situation s'améliorer ».

 

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