Conférence sur l&#39Iraq : le HCR demande un effort humanitaire international

17 avril 2007

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a ouvert aujourd&#39hui une conférence internationale sur la crise humanitaire que vivent des millions de personnes déracinées par le conflit en Iraq, et a demandé une réponse internationale suivie, complète et coordonnée à leur détresse.

« La dimension humanitaire du problème ne peut plus être ignorée », a dit António Guterres aux représentants de plus de 60 pays, à l'occasion de l'ouverture d'une conférence de deux jours organisée par le HCR sur les besoins humanitaires de quelque quatre millions de réfugiés et déplacés internes, en Iraq et dans les pays voisins.

« Presque quatre millions d'Iraquiens nous regardent aujourd'hui. Leurs besoins sont évidents, tout comme l'impératif moral de leur venir en aide. Nous tous ? représentants de gouvernements, organisations internationales et membres de la société civile ? sommes aujourd'hui dans l'obligation d'agir », a-t-il déclaré à plus de 450 participants représentant les gouvernements ainsi que les organisations internationales et non gouvernementales, réunis au siège des Nations Unies à Genève.

António Guterres a remarqué que le conflit iraquien jouissait de la plus importante couverture médiatique parmi tous les autres conflits aujourd'hui dans le monde, mais qu'en même temps il s'agissait de la crise humanitaire la moins bien cernée. Même si les aspects politiques et militaires du conflit sont largement médiatisés, « on a accordé trop peu d'attention à la tragédie du déplacement qui se trame dans l'ombre. »

Le Haut Commissaire aux réfugiés, qui présidait la conférence, était accompagné lors de la séance d'ouverture par John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies, par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Iraq, Ashraf Qazi et par le Directeur général du Comité International de la Croix-Rouge, Angelo Gnaedinger. Les participants ont également entendu un message vidéo du Secrétaire général, Ban Ki-moon.

« L'ampleur du problème parle d'elle-même », a déclaré António Guterres dans son discours-programme. « Dans le cadre du déplacement le plus important qu'ait connu le Moyen-Orient depuis les événements tragiques de 1948, un Iraquien sur huit a été chassé de son foyer. Environ 1,9 million d'Iraquiens sont actuellement déplacés dans le pays et deux millions sont partis à l'étranger. »

Nombre d'Iraquiens avaient été déplacés avant la chute du régime précédent, en 2003. Entre 2003 et 2005, plus de 300 000 Iraquiens sont rentrés chez eux et ont commencé à reconstruire leur vie, a-t-il continué. Mais aujourd'hui cette tendance s'est tragiquement inversée, particulièrement depuis l'attaque à la bombe à Samarra, en février 2006. Depuis cet incident, on estime que près de 750 000 personnes ont fui leur foyer, et que près de 50 000 sont déplacées chaque mois.

« Si ce déplacement massif a été largement méconnu, c'est en partie du fait que la plupart des gens qui fuient ne partent pas vers des camps très visibles mais sont absorbés par des communautés hôtes en Iraq et dans les Etats voisins. C'est la population urbaine la plus importante jamais prise en charge », a déclaré António Guterres se référant à la Syrie, à la Jordanie et aux autres pays voisins. « Mais ces communautés hôtes ploient sous ce fardeau extraordinaire alors que les souffrances des déplacés ne cessent de s'aggraver. »

António Guterres a mis en évidence le caractère humanitaire de la conférence, mais a également indiqué que les problèmes humanitaires étaient « les symptômes d'une maladie dont le remède ne peut être que politique. »

« Cette conférence n'est qu'un premier pas dans ce qui sera, nous l'espérons, un dialogue suivi ainsi qu'une réponse coordonnée et globale à la crise humanitaire en Iraq », a-t-il dit. « Les besoins considérables des Iraquiens et les défis auxquels sont confrontés les pays hôtes requièrent une expression urgente et significative de solidarité de la part de la communauté internationale engagée pour répartir le fardeau humanitaire », a-t-il ajouté.

« Cela inclut un appui financier, économique et technique mais également un accroissement des possibilités de réinstallation pour les plus vulnérables » a-t-il ajouté. « La générosité des pays hôtes doit appeler en miroir celle de la communauté internationale tout entière. »

António Guterres a expliqué qu'il était essentiel que les pays de la région et au-delà assurent une protection aux Iraquiens en ouvrant leurs frontières et garantissant qu'ils ne soient pas renvoyés de force vers une situation dangereuse et qu'ils puissent bénéficier des services de base et d'une assistance matérielle d'urgence.

Le Haut Commissaire a indiqué qu'étant donné le nombre immense d'Iraquiens déracinés, il était évident que leur intégration permanente dans un pays d'asile n'était pas une solution. Par ailleurs, la réinstallation dans des pays tiers n'est une réponse que pour les plus vulnérables des réfugiés iraquiens.

« Clairement, la meilleure solution pour l'immense majorité des réfugiés iraquiens sera tout naturellement leur retour volontaire dans la sécurité et la dignité une fois que les conditions le permettront », a-t-il dit, ajoutant que parallèlement il était essentiel qu'ils maintiennent des liens avec leur pays.

« Personne ne peut se substituer à l'action et à l'initiative du gouvernement iraquien. Au cours de ma visite à Bagdad il y a deux semaines, j'ai été très encouragé de voir que les autorités étaient prêtes à appuyer les Iraquiens à l'étranger et à coopérer avec les gouvernements des Etats hôtes », a-t-il expliqué.

Reconnaissant les difficultés de l'environnement sécuritaire, António Guterres a dit que les agences humanitaires devaient trouver des moyens pour s'attaquer aux besoins spécifiques à l'intérieur de l'Iraq, et a noté que l'UNHCR était en train de renforcer ses activités en Iraq et dans les pays voisins.

« A l'intérieur de l'Iraq, tout doit être fait pour éviter une fuite ultérieure », a-t-il déclaré. « Nous ne connaissons que trop bien les conséquences dévastatrices d'un sectarisme incontrôlé. Des efforts doivent être déployés le plus tôt possible pour éviter les déplacements prolongés et un exil sans fin », a-t-il conclu.

 

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