Darfour: le Secrétaire général appelle les Etats Membres à fournir rapidement des troupes à l&#39ONU

16 avril 2007

Le Secrétaire général a salué aujourd&#39hui la décision du gouvernement soudanais d&#39accepter, après plus de six mois de négociations, un soutien des Nations Unies à l&#39Union africaine au Darfour, engageant les Etats Membres à lui fournir au plus vite les moyens nécessaires.

Dans un message transmis aujourd'hui par sa porte-parole, Ban Ki-moon s'est déclaré « encouragé » et a annoncé qu'il souhaitait un « déploiement rapide », en étroite coopération avec l'Union africaine (UA).

Le Secrétaire général attend par ailleurs que le gouvernement soudanais « fournisse d'urgence les terrains et autres infrastructures nécessaires au déploiement de 'l'appui lourd' à l'UA, y compris la permission de rechercher des sources d'eau ».

Le Secrétaire général a encouragé les pays qui fournissent des troupes et des policiers, ainsi que les donateurs à se montrer généreux afin de renforcer le plus rapidement possible l'opération de maintien de la paix au Darfour.

Ban Ki-moon a aussi lancé un appel au cessez-le-feu immédiat sur le terrain.

Le Soudan a fait connaître son accord par l'envoi d'une lettre au Conseil de sécurité et au Secrétaire général ce matin (dépêche du 16.04.2007).

Les Nations Unies disposent déjà d'une mission de maintien de la paix au Sud-Soudan, déployée à l'issue de pourparlers de paix qui ont mis fin à une guerre civile de près de vingt ans.

Forte de 9 000 soldats, l'(UNMIS)a été déployée au sud du Soudan en 2005, pour la mise en oeuvre de l'accord de paix global signé le 9 janvier 2005 entre le gouvernement du Soudan et le Mouvement/l'Armée populaire de libération du Soudan.

Mais l'ONU cherche, depuis déjà un an, à mettre en place et à déployer une mission au Darfour, dans un premier temps en apportant un soutien à la mission de l'Union africaine (UA) déjà déployée qui compte 7.000 soldats relativement peu équipés pour un territoire plus grand que la France (dépêche du 27.03.2006).

En août 2006, le Conseil de sécurité a autorisé, en dépit de l'abstention de la Chine, de la Fédération de Russie, et du Qatar, la création d'une mission de l'ONU au Darfour, forte d'un maximum de 17.300 soldats (dépêche du 31.08.2006).

Ce projet a été rejeté par le Soudan, mais le gouvernement soudanais a par la suite accepté au mois de novembre le principe d'une opération hybride ONU/UA, avec un « caractère principalement africain », devant « disposer de quelque 17.000 militaires et 3.000 policiers » et devant bénéficier d'une liberté de mouvement au Darfour (dépêche du 17.10.2007).

C'est cet ensemble de mesures, négociées à l'origine par le prédécesseur de Ban Ki-moon, Kofi Annan, dont le Secrétaire général a salué aujourd'hui l'acceptation par le Soudan.

Le Secrétaire général tenait aujourd'hui des consultations avec le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, aux côtés de son Envoyé spécial, Jan Eliasson, et de l'envoyé spécial de l'UA, Salim Ahmed Salim.

A l'issue des consultations avec les membres du Conseil de sécurité, Alpha Oumar Konaré a exprimé l'espoir, devant la presse, que la mise en oeuvre de l'accord accepté par le Soudan se fasse le plus vite possible.

Il a rappelé qu'un compromis avait déjà été réalisé sur l'aide humanitaire (dépêche du 26.03.2007).

« Il faut maintenant progresser sur le plan politique », a-t-il ajouté.

Le président a souligné que les troupes seront empruntées en priorité auprès des pays africains.

« Si ce n'est pas suffisant, alors les casques bleus seront recrutés ailleurs », a-t-il souligné, ajoutant que le Soudan avait accepté le nombre de soldats total à déployer.

Alpha Oumar Konaré a souligné que la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) avait « accompli sa mission » mais qu'elle avait été en sous-effectif et qu'elle ne disposait pas elle-même de force de protection.

Le Conseil de sécurité, par la voie d'une déclaration à la presse, a lui aussi salué la décision du Soudan d'accepter le déploiement de l'ONU au Darfour.

Prenant la parole à son tour, Jan Eliasson a insisté sur le soutien exprimé par le Conseil de sécurité au processus de négociations politiques.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.