Géorgie : les parties et la communauté internationale appelées à mener des actions pour prévenir la violence

10 avril 2007

Le Conseil de sécurité s&#39est réuni aujourd&#39hui pour une réunion à huis clos sur la situation en Géorgie, en présence du Premier ministre géorgien, Zurab Nogaideli, alors que l&#39enquête se poursuit sur l&#39incident du 11 mars où des installations géorgiennes ont été prises pour cible.

Le Conseil était saisi du dernier rapport du Secrétaire général sur la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG), qui recommande que son mandat soit prorogé de six mois, jusqu'au 15 octobre 2007 et envisage de réfléchir à un renforcement de ses effectifs.

Le rapport note un certain nombre de points positifs dans la mise en oeuvre de la résolution 1716 (2006) du Conseil de sécurité, dont la poursuite des patrouilles que la MONUG et la Force de maintien de la paix de la CEI effectuent en commun dans la vallée de la Kodori et l'absence d'armes lourdes observée dans cette vallée.

« Face à ces circonstances favorables, les événements qui se sont déroulés le 11 mars dans la haute vallée de la Kodori ont marqué un recul majeur », souligne le rapport en référence à une enquête sur une attaque menée contre des installations du gouvernement géorgien situées dans les gorges de la Kodori par voie aérienne et par voie terrestre (dépêche du 13.03.2007). Les forces abkhazes contrôlent la partie basse des gorges de la Kodori.

« Tout en ne causant heureusement aucune victime, l'incident a rappelé les risques que comporte toujours le conflit et la possibilité que la violence reprenne », souligne le Secrétaire général dans son rapport, qui ajoute : « J'espère que l'enquête menée par le Groupe conjoint opérationnel contribuera à éclaircir les conditions dans lesquelles a eu lieu cet incident ».

« Après l'incident d'octobre 2006 lorsque trois missiles sol-sol étaient tombés dans la haute vallée de la Kodori, j'estime que ce nouvel événement souligne combien il est nécessaire que les parties et la communauté internationale s'attachent également à l'action préventive devant la situation qui règne dans la vallée ».

De fait, les activités d'observation internationale étant très limitées, la vallée de la Kodori sera sans doute témoin d'autres incidents si aucune mesure n'est prise, prévient Ban Ki-moon.

Estimant que la remise en service prévue de la base de l'équipe de la MONUG à Adjara, dans la haute vallée de la Kodori, ne constituerait « qu'une « solution partielle », le Secrétaire général souligne que « l'ONU poursuivra sa réflexion sur les moyens de renforcer le régime de maintien de la paix dans la région, afin de réduire la possibilité que de tels incidents ne se reproduisent ».

Tandis que la vallée de la Kodori a été témoin de l'événement le plus marquant durant la période considérée, je note avec regret que la situation le long de la ligne de cessez-le-feu est restée tendue depuis mon précédent rapport au Conseil de sécurité, souligne par ailleurs le Secrétaire général.

« Bien qu'il n'y ait pas eu de victimes, la coopération entre les deux parties dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre la criminalité est pratiquement inexistante, par rapport à la situation qui régnait l'an dernier durant la même période ».

Au plan des négociations politiques, le rapport souligne « qu'à Genève, les deux parties ont reconnu que la situation s'était détériorée le long de cette ligne et se sont déclarées prêtes à y remédier ».

« Je les engage instamment à honorer cet engagement et à prendre toutes les précautions voulues pour éviter des situations susceptibles d'engendrer la violence. Je rappelle qu'elles ont avalisé le retour des personnes déplacées, en premier lieu dans le district de Gali, et l'application du plan du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à cet effet », insiste le Secrétaire général.

Cependant, la poursuite du retour des personnes déplacées et l'amélioration de la situation des résidents de Gali ne se matérialiseront que si la ligne de cessez-le-feu devient une zone de coopération véritable et non d'affrontement, souligne le rapport.

Prenant la parole devant la presse à l'issue de la réunion, le Premier ministre de la Géorgie, Zurab Nogaideli, a indiqué avoir « présenté son point de vue devant le Conseil de sécurité », à savoir que le conflit ne pourrait être réglé que par des moyens pacifiques, en respectant l'intégrité territoriale de la Géorgie, et que le sort de l'Abkhazie devrait être décidé en tenant compte de tous ses habitants avant le conflit.

Interrogé sur un possible parallèle entre le Kosovo et la situation en Abkhazie, Zurab Nogaideli a souligné qu'il s'agissait de deux questions distinctes.

Prenant la parole à son tour, le représentant de la Russie a regretté que le ministre des Affaires étrangères de l'Abkhazie n'ait pas obtenu de visa lui permettant de se rendre à New York à l'ONU pour prendre la parole devant le Conseil de sécurité.

Vitaly Churkin s'est déclaré « préoccupé par la présence des troupes géorgiennes dans la haute vallée de la Kodori qui dépasse le niveau acceptable, notamment en proportion de la population civile, ainsi que par certaines activités d'infrastructure ».

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.