La Convention sur les droits des personnes handicapées reçoit 80 signatures à New York

30 mars 2007

Quatre-vingt pays plus la Communauté européenne ont signé aujourd&#39hui lors d&#39une cérémonie à l&#39Assemblée générale de l&#39ONU la Convention sur les droits des personnes handicapées.

Quarante-deux pays ont aussi signé (vidéo) le Protocole additionnel qui permet un recours individuel à un comité d'experts quand tous les autres recours nationaux ont été épuisés.

« Il s'agit d'un événement extraordinaire dans l'histoire du développement des instruments des droits de l'homme à l'ONU », a déclaré (vidéo) aujourd'hui Louise Arbour lors d'une conférence de presse à New York (dépêche du 29.03.2007).

« C'est sans précédent, non seulement pour un instrument dans le domaine des droits de l'homme mais dans les autres domaines du droit aussi », a ajouté Louise Arbour, qui a souligné que la Jamaïque avait déjà annoncé la ratification de l'instrument, procédure qui le rend obligatoire en droit interne.

Autre fait marquant, « il s'agit du premier instrument dans le domaine des droits de l'homme du XXIème siècle, et c'est un texte qui mentionne des droits, pas seulement des intentions de protection en matière sociale », a dit la Haut Commissaire.

Il s'agit d'une étape dans le renforcement de la position des groupes de défense des personnes handicapées, qui ont été marginalisées pendant si longtemps, a-t-elle fait observer.

Le Vice-président de l'Equateur, Lenin Moreno, qui lui-même se déplace dans une chaise roulante, a fait part de sa grande émotion face à cette étape qui permettra de « dépasser l'attitude paternaliste et la pitié par la défense des droits des personnes handicapées de manière effective ».

« Nous nous attentons à ce que d'autres pays s'associent à cet objectif, et qu'ils ratifieront tous la Convention », a-t-il ajouté. Il a souligné que son pays avait déjà mis en place un cadre au niveau interne.

Yannis Vardakastanis, président du Comité international des personnes handicapées, a remercié, au nom des millions de personnes handicapées de par le monde, les Etats Membres participants.

« Il s'agit d'un changement radical dans la façon de voir les handicapés, reconnaissant leurs droits. Les 650 millions de personnes handicapées s'attendent à ce que cette convention changent vraiment leur conditions de vie, qu'elle fasse disparaître la discrimination et les obstacles dans leur vie quotidienne », a-t-il dit.

« Certains vivent dans l'obscurité tandis que d'autres vivent dans la lumière. Nous voyons ceux qui vivent à la lumière du jour, laissant les autres dans l'ombre », a dit Yannis Vardakastanis, citant Bertold Brecht. « Cette convention vise à ramener la lumière à ceux qui se trouvent dans le noir », a-t-il déclaré.

Le sous-secrétaire aux Affaires multilatérales et aux droits de l'homme du Mexique, Juan Manuel Gomez Robledo, a mis l'accent sur un autre fait unique dans l'élaboration du traité, à savoir la participation de la société civile.

« Les ONG ont participé aux négociations pratiquement à niveau égal avec les Etats Membres », a-t-il souligné.

Juan Manuel Gomez Robledo a souligné que le traité était le premier instrument contraignant dans ce domaine, et qu'à ce titre il changerait concrètement la situation des personnes handicapées. Il a aussi souligné la mise en place d'un mécanisme de suivi pour surveiller sa mise en oeuvre.

Interrogée sur les perspectives de ratification de la Convention, Louise Arbour a estimé que l'élan constaté devrait se traduire par une ratification rapide, et par de nouvelles signatures dans les semaines qui viennent.

« Après il va falloir se mettre au travail, parce que les Etats ne se sont pas seulement engagés à de vagues principes, mais à les traduire dans des modifications de leur législation », a-t-elle dit.

Il faut espérer que ce mouvement profite à la protection des enfants, des femmes, des travailleurs migrants et des réfugiés, a lancé la Haut Commissaire.

En réponse à une question à propos d'un exemple de législation discriminatoire, Ruth Dyson, ministre des questions liées aux Handicapés de Nouvelle-Zélande, a cité une loi qui a été abolie la semaine dernière dans son pays, qui pendant 47 ans autorisait l'emploi dans certains ateliers de personnes handicapées sans le droit à la même protection sociale que dans une entreprise.

Louise Arbour a souligné que souvent les législations n'ont pas explicitement de but discriminatoire. Le problème réside dans les obstacles de fait. Il est une chose d'avoir le droit abstrait de voter, une autre d'avoir les moyens de se déplacer et d'accéder aux systèmes de vote, a-t-elle expliqué.

Par exemple, pendant longtemps des dispositions limitant l'accès à certaines professions en fonction de la taille avait pour effet d'évincer les femmes, a fait observer la Haut Commissaire.

 

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