L&#39ONU condamne les violences meurtrières qui ont éclaté au Népal

22 mars 2007

« Même les revendications légitimes sont discréditées par le recours à la violence », a déclaré aujourd&#39hui le Représentant spécial du Secrétaire général au Népal, Ian Martin, au lendemain de violents affrontements entre ex-rebelles maoïstes et défenseurs du peuple madeshi dans le centre du pays, qui auraient fait au moins 25 morts et 35 blessés.

« Cette confrontation aurait pu et aurait dû être évitée », a souligné Ian Martin dans une déclaration à la presse publiée aujourd'hui par la Mission politique des Nations Unies au Népal (MINUNEP).

« J'espère que les coupables seront identifiés et traduits en justice et que ces terribles évènements feront que les dirigeants de tous les groupes cesseront de mettre la vie de leurs partisans en danger », a-t-il ajouté.

« La présence de la MINUNEP a un objectif : soutenir le Népal pour qu'il parvienne à créer un contexte propice à l'élection d'une Assemblée constituante crédible », a rappelé Ian Martin.

Le Représentant spécial a regretté qu'un accord n'ait toujours pas pu être trouvé entre le gouvernement et le Parti communiste népalais (maoïste) quant aux dispositions de sécurité personnelle des dirigeants maoïstes.

Concernant le recensement et le cantonnement des armes des combattants (dépêche du 09.03.2007), il a rappelé que les Nations Unies n'étaient pas en mesure de déterminer si toutes les armes des maoïstes avaient été déposées et a une nouvelle fois appelé les Maoïstes, mais aussi tous ceux qui sont en possession d'armes illégales, à coopérer avec la police.

Le processus politique, retardé par la complexité de la situation politique dans le pays, requiert un « dialogue ouvert » afin d'obtenir un consensus autour d'un système électoral acceptable à la fois pour les partis politiques et pour les groupes sociaux traditionnellement exclus de la prise de décision.

« Une élection crédible ne nécessite pas seulement une régulation des armes et des armées ou les lois adéquates et une bonne préparation technique », a poursuivi Ian Martin, « il faut aussi un climat dans lequel tous les partis politiques puissent faire campagne librement et dans lequel tous les électeurs puissent voter librement, sans intimidation ou peur des représailles ».

« La seule réponse à la violence n'est pas de trouver des excuses mais de coopérer dans les enquêtes criminelles qui aboutiront à la traduction en justice des responsables », a insisté le Représentant spécial.

« Il s'agit d'un moment tragique et difficile dans le processus de paix du Népal : je dois conclure comme j'ai commencé en appelant à éviter toute violence à l'avenir alors que le pays met en place un cadre démocratique pour pouvoir discuter de son futur et le déterminer », a-t-il déclaré.

La Haut Commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, a elle aussi exhorté les autorités népalaises « à prendre toutes les mesures nécessaires pour lancer une enquête globale et impartiale sur ces morts » dans une déclaration publiée depuis Genève.

« Il est de la responsabilité des dirigeants de tous les groupes et des parties de garantir que leurs partisans résolvent leurs différends par le dialogue », a-t-elle souligné.

Louise Arbour a précisé qu'une de ses équipes sur place avait pu confirmer la mort de 25 personnes, « la plupart étant morts de graves blessures à la tête apparemment causées par des coups portés avec des bâtons de bambou ».

« Bien qu'il y ait dans la région un nombre considérable de personnel de police, seul un petit nombre a été déployé sur le lieu de ces incidents », a-t-elle déploré.

 

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