La chef de la Mission sur la situation des droits de l&#39homme au Darfour appelle la communauté internationale à réagir

16 mars 2007

Jody Williams, qui a conduit une Mission sur la situation des droits de l&#39homme au Darfour, a déclaré aujourd&#39hui devant le Conseil des droits de l&#39homme réuni actuellement à Genève que le Soudan n&#39avait pas assumé sa responsabilité de protéger sa population, ce dernier s&#39estimant victime d&#39une conspiration à des fins politiques.

L'Américaine, prix Nobel de la paix en 1997, a déploré que les civils soient victimes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

« Ces crimes continuent d'être commis dans toute la région », a-t-elle insisté, avant d'ajouter que les mécanismes judiciaires sont inefficaces et que l'absence d'un désarmement digne de ce nom, couplée à un climat d'impunité, a laissé la région totalement étrangère à l'état de droit.

« Le conflit continue de faire rage, tuant 200 000 personnes; les espaces humanitaires deviennent de plus en plus restreints et l'espoir s'évanouit peu à peu », a souligné la chef de la mission présentant son rapport au Conseil.

Jody Williams a déclaré qu'il faut, entre autres mesures, renforcer la protection des civils, augmenter l'espace humanitaire, mettre en ?uvre des programmes pour faire face aux causes du problème et assurer que les victimes des violations des droits de l'homme soient indemnisées.

La communauté internationale a consacré le principe de responsabilité de protéger, chaque État a donc la responsabilité de protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et l'épuration ethnique.

« Lorsqu'un État n'est pas capable ou refuse de le faire, il est de la responsabilité de la communauté internationale de réagir », a-t-elle estimé.

Elle a demandé à la communauté internationale de prendre des mesures urgentes pour protéger les populations du Darfour, et notamment d'établir un mécanisme spécial pour évaluer et surveiller la situation et faire en sorte que les coupables soient tenus de rendre des comptes.

Elle a également demandé au Soudan de respecter la proposition de déploiement d'une force conjointe de l'Union africaine et des Nations Unies sur le terrain.

« La situation est claire et la documentation nombreuse; il n'y a pas de doute à ce sujet », a plaidé la chef de la Mission.

« La population n'a pas besoin de rapports supplémentaires, mais de protection », a-t-elle martelé, avant d'exhorter le Conseil à réagir pour soulager les victimes du Darfour et leur donner foi en leur avenir.

Répondant à cette intervention, le Soudan a estimé être victime d'une conspiration à des fins politiques et a assuré que la situation au Darfour progresse.

Concerne le rapport de la Mission, le Soudan ne lui accorde aucune légitimité et estime que le Conseil ne doit pas s'en saisir.

Incapable de se rendre au Darfour ou même au Soudan, malgré des demandes répétées tendant à obtenir des visas, la mission s'est rendue au siège de l'Union africaine à Addis Abeba ainsi que sur le terrain au Tchad (dépêche du 14.02.2007).

Elle était composée de Sima Samar, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Soudan ; Mart Nutt, membre du Parlement estonien et membre de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe; Bertrand Ramcharan, ancien Haut-Commissaire aux droits de l'homme par intérim et Haut-Commissaire adjoint; Patrice Tonda, Représentant permanent du Gabon auprès des organisations internationales à Genève; et Makarim Wibisono, Représentant permanent de l'Indonésie auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et ancien président de la session de 2005 de la Commission des droits de l'homme.

 

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