Aucune partie de l&#39Afghanistan ne doit devenir une base pour les Talibans, affirme Jean-Marie Guéhenno

12 mars 2007

L&#39autorité de l&#39Etat doit atteindre toutes les provinces de l&#39Afghanistan afin qu&#39aucune d&#39entre elles ne puisse devenir une base pour les Talibans, a déclaré le Secrétaire général adjoint au maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, lors d&#39une conférence de presse hier à Kaboul où il a évoqué le rôle de l&#39ONU dans le pays, ainsi que les problèmes liés à la sécurité et à la justice.

« Nous souhaitons que la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) soit de plus en plus présente dans les provinces à travers l'Afghanistan », a souligné Jean-Marie Guéhenno, estimant que dans le nord du pays, « on ne pouvait pas dire que la situation sécuritaire s'était détériorée » alors que dans le sud et le sud-est, « il existait de très graves problèmes ».

« Dans ces zones comme partout, je pense qu'une stratégie militaire doit être combinée avec une stratégie politique et de développement », a-t-il ajouté.

Avant de se rendre à Kaboul, Jean-Marie Guéhenno s'était rendu au Pakistan où il a rencontré le président Pervez Musharraf. Avec lui, il a essentiellement évoqué les liens entre les deux voisins, estimant qu' « il faut faire plus pour construire une relation de confiance entre eux ».

« Il ne sert à rien de continuer ce jeu visant à savoir 'à qui la faute' », a-t-il déclaré. « Ce qui est important pour chacun des deux pays c'est de faire des gestes qui permettront petit à petit de construire une relation de coopération ».

« Une frontière ne peut pas être gérée autrement que par des relations de coopération », a-t-il insisté.

A propos de la loi d'amnistie votée par le Parlement afghan au débit du mois de février et pour laquelle le Président Hamid Karzai a demandé des modifications visant notamment à sauvegarder les droits des victimes, Jean-Marie Guéhenno a déclaré que « la justice est le véritable fondement de la paix », et souligné l'importance que le gouvernement afghan reste engagé dans le Plan d'action pour la paix, la réconciliation et la justice.

« J'ai évoqué la question avec le Président et j'espère que cela aboutira à une loi conforme aux principes internationaux et aux besoins fondamentaux du peuple afghan », a-t-il indiqué.

Interrogé sur les morts parmi les civils, tués lors de bavures des forces internationales, le Secrétaire général adjoint au maintien de la paix a souligné que « parfois, la tactique utilisée par les insurgés est précisément de s'assurer que des civils se trouvent dans le champ de tir, donc la tâche est particulièrement difficile pour les Forces de sécurité internationales (ISAF) ».

« Toutefois, nous nous élèverons toujours pour la protection des civils », a-t-il poursuivi.

Soulignant les actions fortes entreprises dans le pays par diverses agences comme le Programme alimentaire mondial (PAM) ou l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Jean-Marie Guéhenno a insisté sur le fait que « les Nations Unies ont toujours mis le peuple afghan en premier et il n'y a pas besoin de vice-roi dans ce pays ».

« Mais si nous pensons que quelque chose ne va pas, du côté afghan comme du côté de la communauté internationale, nous n'hésiterons pas à nous exprimer,», a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a souligné qu'en Afghanistan, les actions de l'ONU s'inscrivaient maintenant dans le cadre d'une phase différente, « où la MANUA doit aider à la consolidation de ce qui a été fait, à commencer par l'Accord de Bonn ».

Cet accord a été signé en 2001 par quatre groupes afghans qui se sont engagés à mettre un terme au conflit en Afghanistan et promouvoir la réconciliation, une paix durable, la stabilité et le respect des droits de l'homme dans le pays, et ont réaffirmé son indépendance, sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, ainsi que le droit pour les Afghans de déterminer librement leur avenir politique en conformité avec les principes de l'Islam, de la démocratie, du pluralisme et de la justice sociale.

« Le rôle de l'ONU est d'être une référence : une référence d'intégrité afin de ne jamais perdre de vue l'objectif stratégique de Bonn, à savoir la construction d'un Etat qui rende des comptes et qui réponde aux besoins de sa population », a-t-il estimé.

 

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