UNICEF : 58 pays réunis à Paris contre le recrutement d&#39enfants soldats

6 février 2007

Les représentants de 58 pays réunis à Paris se sont engagés à mettre fin au recrutement illégal et au recours aux enfants dans les conflits armés, annonce aujourd&#39hui le Fonds des Nations Unies pour l&#39enfance (UNICEF).

« La Conférence de Paris, organisée par le gouvernement de la France et par l'UNICEF, a rassemblé des pays où sont utilisés des enfants soldats ainsi qu'avec des pays donateurs, afin de combattre cette pratique et de mobiliser la volonté politique nécessaire », indique un communiqué de l'agence.

« Cette conférence a montré qu'il existe un fort engagement politique à cet égard », a dit Rima Salah, directrice adjointe de l'UNICEF.

« Ce qu'il faut à présent, c'est une action concrète sur le terrain pour permettre aux enfants recrutés d'être réintégrés dans leurs communautés », a-t-elle ajouté.

La conférence a été l'occasion de faire accepter une série de mesures et de directives pour arrêter le recrutement d'enfants par des groupes armés, pour s'assurer que le recrutement dans l'armée ne s'applique pas aux enfants et pour mettre en place des programmes sociaux de réinsertion.

Le groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, présidé par l'ambassadeur de la France, Jean-Marc de la Sablière, estime à 300.000 le nombre d'enfants-soldats dans le monde.

Au cours de la dernière décennie, les guerres auraient coûté la vie à 2 millions d'enfants et en auraient mutilé 6 millions.

On estime à 10.000 par an le nombre d'enfants victimes des mines anti-personnel, à 300.000 le nombre d'enfant soldats et à 23 millions le nombre d'enfants réfugiés ou déplacés dans le monde.

Les enfants dans les conflits armés sont aussi victimes de violence sexuelle.

A l'initiative de la France, le Conseil de sécurité s'est saisi de la question en 1999. Depuis, il a adopté six résolutions sur la question. La résolution 1261, adoptée en 1999, condamne le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats. La résolution 1314, adoptée en 2000, appelle les parties en conflit à respecter le droit international et à démobiliser les enfants.

La résolution 1379, adoptée en 2006, évoque pour la première fois l'idée de sanctions, la nécessité d'intégrer les enfants dans les programmes de Désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) et crée le mécanisme de la « liste d'infamie » ou « naming and shaming ». Cette liste identifie les parties à un conflit – Etats et acteurs non-étatiques - qui recrutent et utilisent des enfants soldats, uniquement dans les situations qui figurent à l'ordre du jour du Conseil.

La résolution 1460, adoptée en 2003, évoque pour la première fois l'idée de plans d'action pour mettre fin aux recrutements, avant d'envisager des « mesures appropriées » en cas d'inaction, et demande un élargissement de la liste aux situations n'étant pas à l'ordre du jour du Conseil.

La résolution 1539, adoptée en 2004, prévoit un dispositif « gradué » pour les situations à l'ordre du jour du Conseil - élaboration de plans d'action pour mettre fin aux recrutements, supervisés par des « points focaux » désignés au niveau local et adoption de sanctions en cas de non-action - et ouvre la voie à un dispositif analogue pour les situations hors agenda du Conseil. Elle autorise également l'élargissement des listes d'infamie à d'autres violations des droits de l'enfant que le seul recrutement d'enfants soldats. Enfin, elle demande au Secrétaire général une réforme du mécanisme de contrôle et de rapport de l'ONU - « monitoring and reporting » - permettant au Conseil de disposer rapidement d'informations objectives et détaillées sur les recrutements et les autres violations graves.

La résolution1612, adoptée en 2005, met en place un mécanisme de suivi et d'évaluation, permettant une remontée plus efficace et mieux coordonnée de l'information jusqu'au Conseil, en commençant par les 5 situations suivantes à l'ordre du jour du Conseil : République démocratique du Congo, Burundi, Côte d'Ivoire, Soudan et Somalie.

 

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