L&#39Assemblée générale condamne toute négation de l&#39Holocauste

26 janvier 2007

A la veille de la Journée marquant la mémoire de la libération du camp d&#39extermination nazi d&#39Auschwitz, l&#39Assemblée générale a adopté aujourd&#39hui par consensus une résolution condamnant « toute tentative de nier ou de minimiser l&#39Holocauste », consensus dont s&#39est dissociée, seule, la République islamique d&#39Iran.

Cent trois pays ont coparrainé le projet soumis à l'initiative des Etats-Unis et adopté aujourd'hui en tant que résolution A/61/L.53 de l'Assemblée générale.

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Le texte « condamne sans réserve toute négation de l'Holocauste ». Il exhorte « tous les Etats Membres à rejeter sans réserve toute négation de l'Holocauste en tant qu'événement historique, en tout ou partie, ainsi que toute activité en ce sens ».

La résolution se félicite aussi de la création par le Secrétaire général d'un programme sur « L'Holocauste et les Nations Unies » et la création par les Etats Membres de programme éducatifs ou de mesures destinées à confronter le négationnisme.

Le représentant d'Israël a estimé qu'il s'agissait là d'une étape importante pour promouvoir les principes fondamentaux des Nations Unies, un an après une autre résolution historique de l'Assemblée générale instituant une Journée mondiale du souvenir de l'Holocauste (dépêche du 27.01.06).

« L'Assemblée générale a rendu aux victimes de l'Holocauste et aux survivants la mémoire que certains esprits maléfiques avaient tenté de leur dérober », a dit Dan Gillerman.

Ce dernier faisait notamment aux récentes déclarations et à la conférence organisée par l'Iran pour jeter le doute sur la réalité du massacre de près de 6 millions de Juifs et de millions d'autres, dont les Sinti et les Roma, des personnes handicapées et de personnes persécutées pour leur orientation sexuelle par les Nazis, lors de la seconde guerre mondiale. La conférence organisée par l'Iran avait été fermement condamnée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Les leçons de l'Holocauste ont un poids universel tel qu'elles ne peuvent être portées uniquement par le peuple juif », a poursuivi le représentant israélien, qui a souligné que cette résolution devait servir à prévenir toute forme de génocide.

Prenant la parole au nom de l'Union européenne, le représentant de l'Allemagne a d'abord rappelé au nom de son pays « qu'il était conscient que le crime sans précédent de l'Holocauste avait été commis par des Allemands et au nom de l'Allemagne, et que de là provenait sa responsabilité particulière ».

Il a ensuite rappelé « qu'en commémorant l'Holocauste, [la communauté internationale] réaffirmait sa responsabilité de combattre l'antisémitisme, le racisme et toute forme d'intolérance politique, ethnique ou religieuse ».

Pour sa part, prenant la parole avant le vote par consensus, le représentant de la République islamique d'Iran a qualifié le texte de « tentative hypocrite et politisée » par l'Etat d'Israël et réclamé la « possibilité d'évaluer la réalité des faits » de l'Holocauste.

Le représentant des Etats-Unis a affirmé en réponse à une question devant la presse que l'Iran était isolé et qu'aujourd'hui la communauté internationale avait clairement affirmé sa position face aux déclarations de l'Iran.

La France a rappelé que la condamnation de la négation de l'Holocauste était « sans ambiguité » et qu'elle s'adressait « à tous les Etats ».

Une exposition consacrée à l'Holocauste s'ouvre aujourd'hui au siège de l'ONU, à New York.

La Journée du souvenir de l'Holocauste sera marquée à l'ONU le 29 janvier (voir le communiqué de presse de l'ONU).

Voir l’ensemble des déclarations à l’Assemblée générale dans le communiqué de l’ONU.