Sri Lanka : le Secrétaire général dénonce le recrutement des enfants par les Tigres tamouls

Sri Lanka : le Secrétaire général dénonce le recrutement des enfants par les Tigres tamouls

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Dans son rapport sur les enfants et le conflit armé au Sri Lanka publié aujourd&#39hui, le Secrétaire général a dénoncé l&#39utilisation d&#39enfants comme soldats par les Tigres tamouls ainsi que l&#39accroissement du nombre d&#39enfants recrutés dans l&#39est du pays par la faction Karuna, un groupe dissident du mouvement indépendantiste.

« En dépit de leurs précédents engagements, les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) continuent d'utiliser et de recruter des enfants », déplore le rapport du Secrétaire général établi conformément aux dispositions de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité et portant sur la période allant du 1er août 2005 au 30 septembre 2006.

Au cours de la période examinée, 541 cas de recrutement d'enfants, dont 66 par les LTTE, ont été portés à la connaissance du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) chargé de surveiller et rapporter les violations des droits de l'enfant.

Au 31 octobre 2006, sur les 5 794 enfants dont l'UNICEF avait vérifié le statut depuis avril 2001, 1 598 se trouvaient encore dans les rangs des LTTE, dont 649 âgés de moins de 18 ans et 949 recrutés plus jeunes mais qui étaient désormais âgés de 18 ans ou plus.

« En outre, un fait nouveau particulièrement inquiétant au cours de la période considérée a été l'accroissement du nombre d'enfants enlevés et recrutés dans l'est du pays par la faction Karuna, un groupe dissident des LTTE », ajoute le rapport.

Au 31 octobre 2006, 164 cas d'enfants recrutés par cette faction ont été portés à la connaissance de l'UNICEF. Sur ce nombre, 14 ont été libérés, 15 se sont évadés et 7 autres ont été re-recrutés. Par conséquent au 31 octobre 2006, 142 enfants seraient toujours dans les rangs de la faction Karuna.

« La recrudescence de la violence depuis mai 2006 s'est traduite par une multiplication des décès d'enfants au cours de ces derniers mois », dénonce encore le rapport.

Le conflit a coûté la vie à au moins 2 118 personnes, y compris 1 135 civils, dont un nombre important d'enfants, au cours de la période examinée.

Plusieurs des enfants utilisés comme soldats par les Tigres de libération ont été tués dans les combats. Des enfants ont également été au nombre des victimes de l'utilisation inconsidérée de mines Claymore ou mines à pressions par les Tigres.

« Le recours inconsidéré aux mines Claymore, aux bombardements aériens et autres moyens meurtriers par le gouvernement sri-lankais aurait également coûté la vie à un certain nombre d'enfants », déplore le Secrétaire général.

« Il s'agit notamment du bombardement par les forces armées sri-lankaises de positions des Tigres de libération situées aux alentours de Sampur et Mutur, dans le district de Trincomalee, qui a tué, le 25 avril, quatre enfants (?). Le bombardement aérien par le gouvernement sri-lankais, le 14 août, d'un ensemble de bâtiments sis à Valepuram (Mullaitivu), qui a tué au moins 40 adolescentes et blessé plus de 100 autres jeunes filles constitue un autre exemple », précise le rapport.

L'intensification du conflit s'est traduite par un nombre accru d'attaques contre les hôpitaux et contre les écoles qui constituaient jusqu'alors des zones de paix et des endroits où trouver sécurité et refuge, déplore aussi le Secrétaire général.

Le conflit qui oppose le gouvernement sri-lankais et les rebelles indépendantistes tamouls dure depuis plus de 30 ans et a fait plus de 67 000 morts.