Géorgie : des divergences fondamentales séparent encore les indépendantistes

15 janvier 2007

Les efforts pour régler le conflit qui oppose le gouvernement de la Géorgie aux autorité séparatistes de la province d&#39Abkazie se heurtent encore à des divergences fondamentales entre les deux parties sur des questions politiques de fond et des questions pratique concernant la mise en ?uvre de l&#39accord de cessez-le-feu, selon un rapport de l&#39ONU publié aujourd&#39hui.

« Les deux parties semblent s'employer désormais davantage à mobiliser un soutien extérieur plus actif au lieu d'essayer de répondre aux préoccupations l'une de l'autre et de poursuivre leurs objectifs politiques par des compromis réciproques », affirme le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité sur la situation en Abkhazie, en Géorgie.

« Les actes de violence commis récemment dans la zone de conflit sont préoccupants. Je les condamne et engage les parties à ?uvrer de concert pour en identifier les responsables et les traduire en justice », indique le Secrétaire général.

Le rapport explique que suite à l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1716 (2006), les deux parties sont convenues de travailler à son application.

En dépit de cette évolution encourageante, les tensions et les difficultés sérieuses n'ont pas disparu.

« Les dirigeants abkhazes comptent sur la mise en ?uvre de la résolution pour renverser la situation créée dans la haute vallée de la Kodori tenue par la Géorgie suite à une opération spéciale qu'elle a menée en juillet 2006 et ont réaffirmé qu'en attendant elles retarderaient la reprise du dialogue officiel », indique le rapport.

Quant au Gouvernement géorgien, il souligne que « le déploiement de forces de police dans la haute vallée de la Kodori et la présence dans cette zone du Gouvernement de la République autonome d'Abkhazie ne portent pas atteinte à l'Accord de cessez-le-feu et de séparation des forces signé à Moscou ».

Qui plus est, indique le rapport, la partie géorgienne estime que si cette présence dans les limites des frontières de l'Abkhazie (Géorgie) est peut être inacceptable pour la partie abkhaze, elle est cependant nécessaire pour empêcher toute reconnaissance de l'Abkhazie, à la lumière en particulier des pourparlers en cours sur le statut du Kosovo.

Une situation similaire s'est produite dans la région d'Ossétie du Sud/Tskhinvali où le Gouvernement géorgien a soutenu un processus d'élection présidentielle parallèle à celui engagé le 12 novembre par les dirigeants d'Ossétie du Sud. « Pour leur part, les dirigeants abkhazes ont renforcé leur campagne en vue de la reconnaissance internationale de l'Abkhazie, notamment par un appel à cet effet au Président de la Fédération de Russie, au Conseil de la Fédération et à la Douma, lancé le 18 octobre par le Parlement abkhaze de facto », souligne le rapport du Secrétaire général.

Je demeure convaincu qu'il ne saurait y avoir de règlement durable si les deux parties ne sont pas déterminées à chercher, par de véritables négociations et dans les faits, à instaurer entre elles des relations d'un type nouveau.

« Faire l'impasse sur cette condition sine qua non ne peut manquer de retarder encore le règlement du conflit et de nuire à une situation déjà explosive sur le plan de la sécurité. Je crois par ailleurs qu'un dialogue soutenu entre les deux parties a le potentiel de susciter des solutions alors qu'aucune n'est actuellement en vue, y compris sur les questions politiques les plus délicates », conclut le rapport de l'ONU.

 

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