Double veto à l&#39ONU contre un projet de résolution sur le Myanmar

Double veto à l&#39ONU contre un projet de résolution sur le Myanmar

L'ambassadeur Wang Guangya
La Chine et la Fédération de Russie ont soulevé aujourd&#39hui leur veto contre un projet de résolution du Conseil de sécurité, qui appelait le Myanmar au respect des droits de l&#39homme et à autoriser l&#39accès humanitaire.

Le projet de résolution soumis par les Etats-Unis et le Royaume-Uni a reçu l'opposition, outre la Chine et de la Fédération de Russie, de l'Afrique du Sud. Elle a aussi rencontré trois abstentions, celles de l'Indonésie, de la République du Congo et du Qatar.

Le projet exhortait le Myanmar à faciliter les bons offices du Secrétaire général, lui demandait de cesser les attaques militaires contre les civils, notamment les minorités ethniques et de mettre fin aux violations des droits de l'homme.

Elle appelait aussi le gouvernement à autoriser l'accès aux organisations humanitaires, à éliminer le travail forcé et à entamer un « dialogue politique substantiel conduisant à une véritable transition démocratique », à commencer par la libération de la Daw Aung San Suu Kyi.

Le Représentant chinois, Wang Guangya, a estimé que le Myanmar faisait face à « d'importants défis », que tout pays avait « une marge d'amélioration » et que son pays espérait que le Myanmar pouvait améliorer sa situation économique et instaurer une démocratie ouverte.

Il a exprimé l'espoir que le Secrétaire général continuerait ses bons offices, soulignant que ce processus demanderait un dialogue et de la patience.

« La situation au Myanmar relève principalement des affaires internes d'un pays souverain. La situation actuelle ne constitue pas une menace à la paix et à la sécurité de la région », a-t-il poursuivi.

« Personne ne contestera que le Myanmar fait face à de graves défis tels que les réfugiés, le travail des enfants, le VIH/SIDA et le trafic de drogues, mais des problèmes similaires existent dans de nombreux autres pays », a-t-il encore dit.

« Cela ne doit pas conduire à ce qu'il soit arbitrairement qualifié de menace à la paix et à la sécurité, que la situation soit inscrite à l'ordre du jour du Conseil et que cela soit suivi de l'adoption d'une résolution », a-t-il ajouté.

A l'issue du vote, le représentant des Etats-Unis s'est déclaré « profondément déçu » par échec du Conseil de sécurité à dénoncer les pratiques de meurtre, de viols et de répression de sa propre population, tandis que le trafic de drogues se poursuit.

imageRetransmission de la séance [52mins].

Pour sa part, l'ambassadeur du Royaume-Uni a aussi exprimé sa déception devant la presse, soulignant que les 9 votes en faveur de la résolution exprimaient la préoccupation de la communauté internationale.

Il a aussi expliqué que le vote s'était notamment heurté sur la question de la compétence du Conseil de sécurité, qui n'est pas chargé spécifiquement de la protection des droits de l'homme, mais des menaces à la paix régionales ou mondiales.

« Le Royaume-Uni croit fermement que la situation au Myanmar représente une menace à la sécurité de la région », a-t-il affirmé.

Enfin, Vitaly Churkin, l'ambassadeur de la Fédération de Russie, a réitéré la position de son pays, selon laquelle la question du Myanmar ne relevait pas du Conseil de sécurité.

« Si c'est une question de défense des droits de l'homme, elle ne relève pas du Conseil, si c'est une question de menace à la paix régionale, il faut écouter l'opinion des pays voisins », a-t-il souligné.

La Russie avait déjà voté contre l'inscription de cette question à l'ordre du jour du Conseil (dépêche du 15.09.07).

Le Secrétaire général Ban Ki-moon a récemment appelé les autorités du Myanmar à étendre une mesure d'amnistie à l'égard de 40 prisonniers politiques à « tous les prisonniers politiques du pays, dont Daw Aung San Suu Kyi », symbole de la lutte pour la démocratie dans le pays.