Affaire Hariri : la création d&#39un Tribunal spécial est indispensable, estime Serge Brammertz

18 décembre 2006

Après avoir présenté son dernier rapport au Conseil de sécurité, Serge Brammertz, chef de la Commission d&#39enquête internationale sur l&#39assassinat de Rafic Hariri, a souligné aujourd&#39hui devant la presse que l&#39enquête n&#39avait de sens que si elle débouchait sur un processus judiciaire et qu&#39elle était confiée à un Tribunal spécial.

imageRetransmission de la rencontre avec la presse[31mins]

« Une fois que les conclusions de la Commission d'enquête seront achevées, un Procureur devra formuler des accusations et c'est au Tribunal qu'il reviendra de juger l'affaire », a déclaré aujourd'hui Serge Brammertz à l'issue de consultations à huis clos avec le Conseil de sécurité, devant lequel il avait présenté son rapport (dépêche du 18.12.06).

Serge Brammertz a plaidé pour la création du Tribunal international dont le principe et les modalités ont été approuvés par le Conseil de sécurité (dépêche du 21.11.06).

Approuvé par le gouvernement du Premier ministre, Fouad Siniora, ce projet a été rejeté par le président pro-syrien Emile Lahoud et les partisans du Hezbollah, qui ont quitté le gouvernement et soutiennent des manifestations de rue pour appeler à son renversement.

« Il est tout à fait logique que le processus d'enquête soit suivi d'un processus judiciaire devant un tribunal », a-t-il insisté.

« D'habitude, les rapports de l'ONU sont transmis au Conseil de sécurité et c'est leur destination finale. Ici, cette enquête n'a pas de sens si elle n'est pas transmise à un tribunal », a-t-il souligné.

« Mais c'est aussi ce qui rend si difficile de révéler des noms. La première chose que ferait un avocat de la défense serait de dire que les droits de l'accusé ont été violés ». « De même les témoins refuseraient de collaborer », a-t-il souligné.

« La création d'un Tribunal permettra par ailleurs de stabiliser le personnel », a-t-il expliqué, rappelant « qu'à l'heure actuelle les membres de la Commission d'enquête ne venaient au Liban que pour six mois seulement ».

Par ailleurs, « si ce tribunal était créé à l'étranger, cela faciliterait la venue de témoins qui seraient réticents à le faire au Liban », a-t-il ajouté.

« Je suis convaincu que tôt ou tard un programme de protection des témoins sera nécessaire », a-t-il à cet égard affirmé en réponse à une question.

S'il s'est dit par ailleurs « très satisfait » des résultats accomplis, le chef de la Commission a rappelé qu'une enquête de cette complexité pouvait facilement prendre 2 ou 3 ans voire plus.

« Il nous faudra plus de temps », a-t-il souligné.

Interrogé sur le terme de son mandat en juin prochain, Serge Brammertz a souligné qu'avec ou sans lui l'enquête se poursuivra.

Serge Brammertz a indiqué enfin en réponse à une question qu'il ne révèlerait pas pour l'instant le nom des pays qui refusent de coopérer, mais qu'il en transmettrait la liste au Secrétaire général si cette absence de coopération se maintenait à l'avenir.

imageRetransmission de la séance du Conseil de sécurité [34mins]

 

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