Kosovo : le choix d&#39un statut final ne doit pas être retardé, plaide Joachim Rüker

13 décembre 2006

Tout retard dans l&#39adoption d&#39une solution finale sur le statut du Kosovo ne fera que compliquer les choses, accroissant les tensions et donnant du poids aux extrémistes de tous bords, a affirmé aujourd&#39hui le Représentant spécial du Secrétaire général, Joachim Rücker, devant le Conseil de sécurité.

Si les discussions sur le statut du Kosovo ont bien progressé cette année, il faut maintenir l'élan acquis avec l'Equipe de négociation pour soutenir les travaux de l'Envoyé spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, a-t-il expliqué lors de la présentation du dernier rapport du Secrétaire général sur la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) au Conseil, en présence du Premier ministre du Kosovo, Agim Ceku.

Dans le cadre de ces discussions, le Kosovo, province de quelque 2 millions d'habitants à 90% albanaise, réclame l'indépendance alors que la Serbie refuse pour l'instant de renoncer à ce territoire qu'elle considère comme le berceau de son histoire et n'est disposée à accepter qu'une large autonomie.

« On a clairement assisté à un regain d'anxiété depuis qu'il a été décidé de reporter les propositions sur le statut après les élections serbes du 21 janvier » prochain, a souligné Joachim Rücker.

« Régler le statut du Kosovo serait positif pour toute la région des Balkans, y compris pour Belgrade ». Mais en revanche « tout retard serait plus qu'une perte de temps. Il accroîtrait les tensions et feraient le jeu des extrémistes de tous bords », a-t-il prévenu.

Le Représentant spécial a par ailleurs affirmé qu'il fallait se préparer d'ores et déjà à un transfert du pouvoir aux futures institutions, indiquant qu'il s'agissait d'une de ses principales priorités.

« Le Kosovo aura ainsi besoin d'une nouvelle Constitution puisque le cadre constitutionnel actuel repose sur la MINUK. L'adoption d'une nouvelle constitution devra être bien sûr suivie d'élections », a-t-il affirmé.

Les futures autorités devront aussi assumer toutes les fonctions exécutives de la MINUK, a-t-il ajouté.

Joachim Rücker a par ailleurs dressé un état de l'avancement des travaux du gouvernement pour moderniser la province et l'appareil gouvernemental, en adoptant les « Normes » fixées comme objectif par les Nations Unies.

« Parfois nos interlocuteurs internationaux ont l'impression que l'attention portée au statut a fait passer à la trappe la mise en oeuvre des Normes ». « Mais ce n'est pas du tout le cas », a dit le Représentant spécial qui a cité notamment les efforts pour renforcer les institutions centrales et locales ainsi que la liberté de mouvement par bus et par train.

Il a aussi cité les lois adoptées pour assurer l'égalité du Serbe et de l'Albanais en tant que langues officielles et pour protéger la liberté religieuse et l'héritage culturel, thème cher à l'Eglise orthodoxe serbe.

Litanie sans cesse répétée, le Représentant spécial a une fois de plus engagé les Serbes du Kosovo à sortir de leur marginalisation « auto-imposée » et encouragée par Belgrade, en participant aux institutions provisoires du Kosovo, en acceptant de retourner dans leurs foyers dont ils ont été déplacés lors de la guerre ou lors d'affrontement interethniques et plus pragmatiquement en payant leurs factures d'électricité à la compagnie électrique du Kosovo.

 

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