Exploitation sexuelle : le message de tolérance zéro n&#39est pas encore totalement assimilé, déplore Kofi Annan

4 décembre 2006

Il est « dramatique et inacceptable » qu&#39un petit nombre de fonctionnaires de l&#39ONU continuent de se rendre coupables d&#39actes d&#39exploitation et d&#39abus sexuels, a affirmé aujourd&#39hui le Secrétaire général, à l&#39ouverture d&#39une conférence de haut niveau sur l&#39élimination des abus sexuels par le personnel des Nations Unies et des organisations non gouvernementales (ONG).

« Ils trahissent la confiance et compromettent le respect dont nous jouissons auprès des populations auxquelles nous venons en aide. Ils portent un grave préjudice aux femmes et aux enfants qui, dans leur vie quotidienne, sont en butte à de très grandes difficultés et sont bafoués dans leurs droits. Sans compter qu'ils détournent l'attention du public des nombreux succès que nous remportons », a souligné Kofi Annan à l'ouverture de la réunion.

Cette dernière était convoquée à l'initiative du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DPKO selon l'acronyme anglais), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

« Tout cela est absolument immoral, et en complète contradiction avec notre vocation. Même s'ils ne sont que quelques-uns à abuser du pouvoir tout relatif que nous confère notre position dans les pays où nous intervenons, ils sont encore trop nombreux », a-t-il déploré.

Le Secrétaire général s'est félicité de ce que les Etats Membres aient récemment adopté les normes énoncées dans une circulaire promulguée il y a trois ans et intitulée « Dispositions spéciales visant à prévenir l'exploitation et les abus sexuels ».

« Les fonctionnaires qui sont reconnus coupables de tels actes sont limogés, tandis que les militaires qui servent dans des opérations de maintien de la paix sont rapatriés et exclus de toute nouvelle mission de la paix des Nations Unies », a-t-il encore salué.

Kofi Annan a cependant regretté que malgré les efforts concertés, « des civils et des militaires au service du maintien de la paix continuent de se livrer à des actes d'exploitation sexuelle ».

« Des violations des normes des Nations Unies et des infractions graves se sont produites, qu'il s'agisse de rapports sexuels avec des prostituées adultes, de viols, d'actes de pédophilie ou de la traite d'êtres humains », a-t-il ajouté.

« Mon message de tolérance zéro n'est pas encore parvenu aux oreilles de tous ceux qui doivent l'entendre, depuis les cadres jusqu'aux commandants en poste dans les missions, en passant par l'ensemble de notre personnel », a-t-il insisté.

Kofi Annan a aussi souligné que « l'une des principales difficultés est l'existence d'un climat généralisé dans lequel il est malaisé de signaler les violations et de les exposer au grand jour », estimant qu'il fallait « instaurer un climat dans lequel chacun se sente suffisamment en confiance pour signaler les violations sans crainte de représailles ».

Il a par ailleurs annoncé qu'il avait préparé un « projet de déclaration de politique générale et une stratégie globale d'assistance aux victimes d'actes d'exploitation et d'abus sexuels commis par des membres du personnel des Nations Unies », qui devra être débattu par les Etats membres au cours du mois de décembre, de même que la proposition d'élaborer une « convention internationale sur la question ».

La sous-secrétaire générale aux opérations de maintien de la paix, Jane Holl Lute, présentait aujourd'hui à New York une conférence de presse sur la question, aux cotés de Kathleen Cravero, directrice du Bureau des crises au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

« Ce problème n'est pas seulement lié au maintien de la paix, ni un problème simplement humanitaire et certainement pas un problème qui affecte uniquement l'ONU », a dit Kathleen Cravero qui a souligné les efforts menés en coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires.

imageRetransmission de la conférence de presse[32mins]

 

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