L&#39ONU annonce une initiative pour aider les pays pauvres à faire face aux changements climatiques

15 novembre 2006

Les agences des Nations Unies pour le développement et pour l&#39environnement ont annoncé aujourd&#39hui une initiative en faveur des pays les plus pauvres, notamment en Afrique, qui vise à donner une expertise pour la construction d&#39infrastructures prenant en compte le changement climatique et à faciliter l&#39accès au marché financier international des émissions de carbone.

« Le partenariat entre le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) répond directement à la demande urgente des dirigeants de pays en développement, en particulier en Afrique sub-saharienne, en vue d'une assistance pour faire face aux changements climatiques qui les affectent déjà et qui ne feront que s'accroître, indique un communiqué du PNUE publié à Nairobi aujourd'hui.

Concrètement, a expliqué le directeur du PNUE, Achim Steiner, « des investissements sont faits à l'heure actuelle en Afrique subsaharienne dans les routes, les chemins de fer, les hôpitaux, les pêcheries et les centrales électriques, mais très peu prennent en compte les futurs changements climatiques ».

« Par exemple, un nouveau barrage pourra devenir de plus en plus vulnérable à cause de la sécheresse, tandis qu'une route côtière pourra être menacée par la montée du niveau de la mer », a-t-il ajouté.

Cette initiative a été lancée à l'occasion de la conférence sur la Convention sur les changements climatiques à Nairobi, au Kenya.

L'autre volet de l'initiative vise à « renforcer les capacités de ces mêmes pays à profiter des fonds d'échange de carbone, tels que le mécanisme pour un développement propre du Protocole de Kyoto » ? c'est-à-dire les fonds que paieront les pays industrialisés pour avoir le droit de produire des émissions de carbone responsables du changement climatique.

« La Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) estime que dans les prochaines années des milliards de dollars seront transférés, représentant une nouvelle opportunité pour le développement durable », a dit Olav Kjorven, directeur du groupe sur l'environnement et l'énergie du PNUD.

« Mais ce n'est un secret pour personne que pour l'instant peu de pays d'Afrique sub-saharienne seront en mesure d'en profiter, pour diverses raisons financières et techniques », a-t-il ajouté.

Un récent http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=485&ArticleID=5409&l=fr du PNUE publié début novembre soulignait l'extrême vulnérabilité du continent africain face au changement climatique.

Le rapport estime, par exemple, que 30% des infrastructures côtières d'Afrique, y compris les aménagements humains au long du Golfe de Guinée et des côtes sénégalaises, gambiennes et égyptiennes, risquent d'être submergées.

De 25% à plus de 40% des habitats d'espèces en Afrique pourraient disparaître d'ici 2085.

Le rendement des cultures céréalières baissera de 5%, au plus, d'ici les années 2080 et les cultures de base, comme le sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le maïs au Ghana, le millet au Soudan ou l'arachide en Gambie, se détérioreront également en raison du changement climatique.

Selon le PNUE, le niveau des mers pourrait augmenter de 15 à 95% d'ici 2100. En Afrique, le nombre de personnes menacées par des inondations côtières passera de 1 million en 1990 à 70 millions en 2080.

Ainsi, au long de la côte Sud-Est du continent, Le Cap, Maputo et Dar Es-Salaam sont à risque.

De même, une élévation d'un mètre du niveau de l'Atlantique résultera en la disparition d'une partie de Lagos, la capitale économique du Nigéria. Alexandrie en Egypte pourrait également être gravement affectée : le pays perdrait alors 30 millions de dollars par an en termes de terres englouties, d'infrastructures détruites et de revenus touristiques perdus.

Selon le PNUE, les prévisions scientifiques estiment que d'ici 2100 les températures moyennes en surface en Afrique auront augmenté de deux à six degrés Celsius.

 

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