Liban : le PNUE conclut à l&#39utilisation de phosphore par Israël, mais pas d&#39uranium appauvri

7 novembre 2006

Le Programme des Nations Unies pour l&#39environnement (PNUE) a publié aujourd&#39hui une évaluation des effets de la guerre entre le Hezbollah et Israël au Liban, parvenant à la conclusion que l&#39armée israélienne a utilisé des munitions au phosphore blanc mais pas d&#39uranium appauvri.

Au cours d'une étude menée du 30 septembre au 21 octobre, les équipes du PNUE ont recueilli de nombreux échantillons sur 32 sites au nord et au sud du fleuve Litani au Liban pour analyse dans un laboratoire en Suisse, indique un communiqué publié aujourd'hui à Nairobi.

« Les échantillons ne révèlent pas la présence de métaux composés d'uranium appauvri ou d'autre matériau radioactif. Aucun shrapnel à l'uranium appauvri ou d'autre résidu radioactif n'a été retrouvé », ajoute le PNUE.

L'agence indique par ailleurs que les restes des matériaux explosifs correspondaient à « des armes connues » et confirmé le recours à des munitions d'artillerie et de mortier au phosphore blanc par les Forces de défense israéliennes.

Selon les informations parues dans la presse, le phosphore blanc peut servir d'agent incendiaire, agent de protection par écran de fumée, et comme un composant d'arme antipersonnelle capable de provoquer des brûlures graves. Il est aussi couramment utilisé en tant que fumigène. Son utilisation comme arme offensive est interdite par le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques de l'ONU, signé en 1983, en tant qu'arme chimique.

Le PNUE confirme par ailleurs le nombre très important de bombes à sous-munition non explosées, lâchées par l'armée israélienne dans les jours précédant le cessez-le-feu.

A cet égard, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, a appelé aujourd'hui à maintenir le gel sur l'utilisation de ces armes, qui touchent en premier lieu les civils (dépêche du 6.11.06).

L'évaluation finale du PNUE sur le Liban sera publiée à la mi-décembre.