Publication du premier rapport de l&#39ONU sur les enfants et le conflit en Côte d&#39Ivoire

1 novembre 2006

Le premier rapport du Secrétaire général de l&#39ONU sur les enfants et le conflit armé en Côte d&#39Ivoire rend compte de graves violations des droits de l&#39enfant, caractéristiques de situations de conflit, telles que les recrutements d&#39enfants soldats, les viols, les enlèvements mais aussi l&#39existence de réseaux se livrant à des trafics.

Dans son rapport publié aujourd'hui, qui couvre la période allant de janvier 2005 à septembre 2006, le Secrétaire général indique toutefois qu'il ne dispose pas de données fiables sur l'ampleur de ces violations, précisant que relativement peu de cas font l'objet d'enquêtes.

« Des enfants sont associés aux forces et groupes armés, tant dans les zones tenues par le gouvernement que dans les zones aux mains des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) », dénonce le Secrétaire général.

« Il n'y a pas à l'heure actuelle de preuve tangible de participation d'enfants aux Forces armées officielles (FANCI). Cependant, il est évident que des enfants sont associés aux milices armées proches du parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI). Ces milices sont actives dans les zones contrôlées par le gouvernement », précise Kofi Annan.

Le Secrétaire général se dit aussi particulièrement préoccupé par la multiplication des cas de viol et autres sévices sexuels contre des femmes et des enfants et par le fait que ces crimes restaient souvent impunis.

« Le niveau de violations et d'impunité au sein des zones tenues par les Forces nouvelles, où il n'y a plus d'administration de la justice depuis le début du conflit, est lui aussi extrêmement préoccupant », ajoute-t-il.

L'ONU est aussi particulièrement alarmée par « le nombre élevé d'enfants placés en détention, souvent de façon illégale ».

Le Secrétaire général dénonce « les meurtres et mutilations d'enfants intervenant dans le contexte de violences intercommunautaires », qui sont particulièrement préoccupantes.

« Ces violences sont généralement alimentées par des litiges fonciers ou par l'appartenance politique, elles sont particulièrement fréquentes parmi les ethnies Guéré, Dioula et Baoulé, à Fengolo, Diahouin, Toazeo, Guitrozon, Duékoué et dans d'autres villages de l'ouest du pays, c'est-à-dire dans des territoires sous le contrôle du gouvernement et dans la zone de confiance », explique le rapport.

« Les enlèvements d'enfants en Côte d'Ivoire demeurent un sujet de vive préoccupation, que l'on estime souvent lié à la question de la traite d'enfants », accuse encore le rapport.

« Bien que ce lien, comme l'ampleur du problème, ne soit pas suffisamment documenté, on pense que le climat conflictuel, l'insécurité et la détérioration des structures sociales et administratives ont rendu les enfants plus vulnérables aux enlèvements et à la traite », affirme-t-il.

« Il semble, d'après certaines sources, que des réseaux criminels organisés fassent entrer des enfants de pays voisins en Côte d'Ivoire ou enlèvent des enfants dans différentes régions du pays en vue de les contraindre à travailler dans des plantations de cacao ou dans des mines ou bien en tant que prostitués ou employés domestiques », précise-t-il.

« Plusieurs informations font état de l'existence de réseaux de traite d'enfants à des fins de prostitution, actifs en divers endroits, aussi bien dans les zones contrôlées par les FAFN et dans la zone de confiance qu'à Abidjan, Daloa, Yamoussoukro et San Pedro », ajoute-t-il.

Elaboré conformément à la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés, le rapport met aussi l'accent sur les progrès réalisés dans le dialogue avec les parties au conflit.

Il trace les grandes lignes des plans d'action que les Forces nouvelles et quatre milices progouvernementales de l'ouest du pays ont de ce fait adoptés afin de mettre un terme à l'emploi d'enfants et de libérer tous les enfants associés à leurs forces.

Il souligne qu'il est de la responsabilité de l'État et du Front populaire ivoirien d'aider l'ONU à identifier les autres milices et à nouer avec elles un dialogue analogue.

Il recommande que « des mesures ciblées soient prises contre les parties et les individus qui commettent de manière systématique des violations graves à l'encontre d'enfants et que les autorités compétentes ouvrent des enquêtes et engagent des poursuites dès qu'une de ces violations graves est commise, de manière à saper la culture de l'impunité ».

Il en appelle aussi à la communauté internationale et aux donateurs pour qu'ils apportent une assistance rapide afin de permettre à tous les enfants associés aux forces combattantes du pays de bénéficier de programmes de réadaptation et de réinsertion.

 

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