L&#39OMS met en place un réseau de lutte contre la corruption dans le marché des médicaments

31 octobre 2006

Le marché des produits pharmaceutiques, qui atteint la somme colossale de 50 milliards de dollars par an, est devenu si important qu&#39il est maintenant très exposé à la corruption, dénonce l&#39Organisation mondiale de la santé (OMS) qui lance aujourd&#39hui une nouvelle initiative pour aider les gouvernements à combattre ce fléau.

L'OMSmet sur pied un groupe de spécialistes de la lutte anti-corruption et d'experts des médicaments provenant d'organisations internationales et de différents pays, afin de promouvoir une plus grande transparence dans la réglementation et les achats de médicaments, indique un communiqué publié hier à Genève.

L'agence des Nations estime que jusqu'à 25 % des médicaments achetés par les gouvernements peuvent être perdus à cause d'actes frauduleux ou de malversations diverses.

Avant de parvenir à ceux qui en ont besoin, les médicaments passent par plusieurs intermédiaires au long d'une chaîne complexe de production et de distribution, ce qui en fait une cible privilégiée pour la corruption, explique le communiqué.

Un récent rapport de l'organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International cite le cas d'un pays où « le montant perdu du fait de la corruption et de la fraude en milieu hospitalier équivalait aux deux tiers des médicaments achetés ».

« C'est là une aberration, si l'on songe que les populations pauvres sont déjà confrontées à une forte charge de morbidité et à un accès insuffisant aux médicaments », affirme Howard Zucker, sous-directeur général de l'OMS chargé des produits pharmaceutiques.

A part le gaspillage de ressources et le danger qu'il constitue pour la vie des patients, la corruption permet aussi l'entrée dans la chaîne pharmaceutique de produits contrefaits et de qualité inférieure qui représentent une autre menace pour la santé des communautés, ajoute l'OMS.

La corruption intervient à différents stades de la chaîne et peut prendre différentes formes. Il s'agit parfois de pots-de-vin versés à des fonctionnaires pour obtenir l'homologation de médicaments sans que la documentation prescrite ne soit fournie, ou de responsables indélicats qui ralentissent délibérément les procédures d'homologation pour obtenir des versements illicites de la part des fournisseurs, explique encore le communiqué.

L'OMS cite aussi les vols et malversations qui peuvent être commis tout au long de la chaîne de distribution, et notamment dans les établissements de soins.

Pour lutter contre le problème, l'OMS a l'intention de renforcer les autorités de réglementation et les pratiques concernant les achats notamment en encourageant l'adoption de lois anti-corruption assorties de mesures d'exécution et de sanctions effectives.

« La corruption est un problème mondial qui touche les pays à revenu élevé comme les pays à faible revenu, et aucun ne doit être gêné d'aborder la question. Mais les pays à faible revenu sont les plus vulnérables et ce sont eux que nous voulons aider en premier par la promotion de pratiques plus transparentes et plus économiques », conclut Hans Hogerzeil, responsable de la politique et des normes pharmaceutiques à l'OMS.

 

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