Liban : le désarmement des milices, prochain objectif dans la mise en oeuvre de la résolution 1559

30 octobre 2006

Le désarmement et la dissolution des milices libanaises, « élément central de la transformation politique du Liban », est une étape par laquelle le pays doit nécessairement passer pour devenir enfin un État souverain, a affirmé aujourd&#39hui le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la résolution 1559, dans lequel il appelle les Libanais à reprendre un « dialogue véritablement national ».

Dans son dernier rapport sur la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, le Secrétaire général a exprimé l'espoir que les occasions nées du conflit entre Israël et le Hezbollah seront « saisies » et que « le Liban pourra une fois de plus renaître des cendres laissées par la guerre et son cortège de destruction ».

« Je tiens une fois de plus à souligner qu'il faut absolument que le Hezbollah devienne un parti purement politique, comme le prévoient les Accords de Taëf, pour que les hostilités cessent une fois pour toutes et que la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique du Liban soient complètement rétablies », a insisté Kofi Annan.

« Depuis que les hostilités ont cessé au Liban le 14 août, j'ai reçu plusieurs fois des informations selon lesquelles des cargaisons d'armes avaient été interceptées, ce qui semble indiquer que l'embargo sur les armes imposé par la résolution 1701 (2006) n'aurait pas été respecté », a-t-il noté.

« Par définition, l'État est le seul à pouvoir recourir légitimement à la force sur le territoire du pays. Il est donc important que tous les États voisins respectent l'embargo sur les armes imposé par la résolution 1701 (2006) », a-t-il encore affirmé.

A cet égard, Kofi Annan a rappelé « la déclaration que le Premier Ministre Fouad Siniora a faite au Conseil de sécurité le 21 avril 2006 », dans laquelle il promettait ce désarmement (dépêche du 21.04.06).

Le Secrétaire général a aussi noté que « la décision de désarmer les milices palestiniennes présentes à l'extérieur des camps, prise dans le cadre du dialogue interlibanais, n'a pas été appliquée dans le délai de six mois qui a pris fin le 26 août 2006 ».

Sur les progrès qui restent à accomplir dans la mise en oeuvre de la 1559, le rapport a regretté que la Syrie et le Liban n'aient pas encore procédé à l'ouverture de représentations diplomatiques.

« En prenant des dispositions pour renouer des relations diplomatiques, la Syrie et le Liban feraient beaucoup pour la stabilité de la région », a estimé Kofi Annan.

Au sujet de la délimitation de la frontière entre la Syrie et le Liban, le rapport a affirmé que « l'incertitude qui semble régner au sujet du tracé de la frontière dans les zones concernées montre une fois de plus qu'il faudrait un accord détaillé » dans l'intérêt des deux pays.

Le Secrétaire général a par ailleurs déploré « qu'Israël ait continué à provoquer le Liban en faisant incursion à répétition dans son espace aérien, s'avançant parfois loin et passant le mur du son au dessus d'agglomérations », notant que « le gouvernement israélien continue de maintenir que ces survols sont effectués pour des raisons de sécurité ».

Passant en revue les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la 1559, le Kofi Annan a souligné le « fait historique » qu'a constitué le déploiement de l'armée libanaise au Sud du pays, « pour la première fois depuis 30 ans », à l'issue du conflit entre le Hezbollah et Israël cet été.

Les troupes libanaises ont aussi pris des positions le long de la partie est de la Ligne bleue pour la toute première fois, et elles se sont déployées en grand nombre le long de la frontière avec la République arabe syrienne, ce qui montre que le rétablissement de l'autorité du Gouvernement libanais sur l'ensemble du territoire et l'application des dispositions des résolutions 425 (1978) et 1559 (2004), ainsi que des Accords de Taëf, sont en bonne voie.

Si l'ONU a vérifiée en 2005 le retrait des forces armées syriennes du Liban, « le gouvernement libanais m'a informé qu'il continuait à rétablir son autorité sur tous les services de sécurité. Certains, dont le gouvernement libanais, ont affirmé que les services de renseignement syriens continuaient d'opérer au Liban », a encor indiqué le Secrétaire général.

Le rapport a noté enfin que le climat politique est « resté tendu » au Liban.

Le 5 septembre, un haut responsable de la sécurité qui se déplaçait en voiture dans le sud du Liban a fait l'objet d'une tentative d'assassinat. Quatre de ses assistants et gardes du corps ont été tués, et cinq autres ont été blessés. Ce fut un rappel inquiétant des nombreux assassinats et actes de terrorisme perpétrés l'an dernier.

Plus récemment, le 15 octobre, six civils libanais ont été touchés quand trois roquettes ont été tirées dans un immeuble situé dans le centre de Beyrouth, non loin du complexe de l'ONU et du Grand Sérail, où se trouvent les bureaux du Premier Ministre.

 

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