Le gouvernement du Soudan demande le renvoi de l&#39Envoyé de l&#39ONU

23 octobre 2006

Le Secrétaire général a reçu hier une lettre du gouvernement soudanais lui demandant de retirer son Représentant spécial pour le Soudan, Jan Pronk, alors que se poursuivent les appels à mettre fin aux violations des droits de l&#39Homme dans le pays.

Le Secrétaire général a reçu hier une lettre du gouvernement du Soudan lui demandant de retirer son Représentant spécial dans le pays, Jan Pronk, a annoncé son porte-parole.

« Le Secrétaire général étudie cette lettre et a demandé à Jan Pronk de rentrer à New York pour des consultations », indique le message du porte-parole.

La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais) a précisé que Jan Pronk avait été appelé hier par le ministre des Affaires étrangères du Soudan, Ali Karti, qui lui avait donné 72 heures pour quitter le pays.

Jan Pronk a été nommé Représentant spécial en juin 2004. Plusieurs fois ministre aux Pays-Bas, il avait été auparavant l'Envoyé spécial du Secrétaire général au Sommet mondial pour le développement durable qui s'est tenu à Johannesburg en 2002. Il avait aussi été Secrétaire général adjoint à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) de 1980 à 1985 et Sous-Secrétaire général des Nations Unies de 1985 à 1986.

Cette demande intervient alors que l'UNMIS indiquait vendredi avoir reçu des informations selon lesquelles un avion du gouvernement soudanais avait largué des bombes près de Birmaza, dans le Darfour Nord, ajoutant que la situation sécuritaire se dégradait dans toute la région (dépêche du 19.10.06).

Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 200.000 morts et plus de 2 millions de déplacés.

Le Conseil de sécurité a autorisé le 31 août 2006 le déploiement au Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourra compter jusqu'à 17 300 soldats et qui sera chargée de relayer la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), invitant le gouvernement soudanais à consentir à un tel déploiement. Le Soudan s'y oppose toujours, ne donnant son accord qu'à un renforcement de l'appui à la MUAS (dépêche du 6.10.06).

Vendredi, la Rapporteur spéciale sur la situation des droits de l'homme au Soudan, Mme Sima Samar, a attiré l'attention de la Troisième Commission de l'Assemblée générale sur la situation sécuritaire au Darfour qui ne cesse de se dégrader (voir le communiqué de presse de l'ONU).

« Malgré la signature de l'Accord de paix au Darfour au mois de mai, le gouvernement soudanais, les milices et les autres groupes armés continuent de tuer, de violer et de torturer des civils, tandis que des milices procèdent à des attaques au Tchad et en République centrafricaine. Dans le Sud-Soudan, la pauvreté est bouleversante et le droit à l'éducation, à la santé, au logement décent et au développement est pratiquement inexistant, a-t-elle indiqué ».

Mme Samar a lancé un appel au gouvernement soudanais, l'exhortant à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale.

 

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