MINUEE : la situation à la frontière entre l&#39Ethiopie et l&#39Erythrée reste tendue

20 octobre 2006

La Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) a prévenu aujourd&#39hui que la situation dans la Zone de sécurité temporaire dont elle a la surveillance demeurait « volatile et tendue ».

« Outre les mouvements de troupe de routine constatés par la MINUEE des deux côtés de la frontière, l'Erythrée a infiltré un grand nombre de soldats supplémentaires dans la Zone de sécurité temporaire », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Parallèlement, les restrictions imposées par le gouvernement érythréen à la Mission restent en place, notamment les interdictions de survols imposées aux hélicoptères, les restrictions aux mouvements des patrouilles dans les secteurs Centre et Ouest de la zone de sécurité, et les patrouilles de nuit dans certaines zones, a-t-il ajouté.

Malgré cela, les casques bleus sont parvenus à mener 711 patrouilles au sol dans leur zone de contrôle.

Les troupes des Nations Unies ont aussi poursuivi leur assistance médicale à la population locale, notamment en transportant 21.000 litres d'eau ces dernières semaines.

Le Conseil de sécurité avait exprimé le 17 octobre sa préoccupation face aux informations selon lesquelles les Forces de défense érythréennes avaient déployé environ 1.500 hommes et 15 tanks dans la Zone de sécurité temporaire.

Le Conseil avait jugé ces actions étaient «contraires à l'Accord de cessation des hostilités du 18 juin 2000 et violaient l'intégrité de la Zone de sécurité temporaire».

Il avait appelé l'Erythrée à « retirer immédiatement » ses troupes de la « zone » et à apporter « une coopération pleine et inconditionnelle » à la MINUEE.

La MINUEE a été créée en juillet 2000 dans le but de maintenir une liaison entre l'Ethiopie et l'Erythrée et de mettre en place un mécanisme permettant de vérifier la cessation des hostilités entre les deux pays. Elle est aussi chargée d'aider au déminage et à la démarcation de la frontière.

Mais depuis le mois d'octobre 2005, le gouvernement érythréen, qui réclame la démarcation de la frontière avec l'Ethiopie, soumet la MINUEE à une interdiction de survol du territoire par ses hélicoptères.

Le gouvernement limite aussi le territoire qu'elle est habilitée à surveiller et les routes qu'elle peut emprunter. Il a enfin demandé l'expulsion de son personnel occidental et procédé à l'emprisonnement de membres du personnel de la Mission de nationalité érythréenne.

 

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