Le règlement de la crise inter-palestinienne préalable au règlement du conflit israélo-palestinien, affirme Alvaro de Soto

19 octobre 2006

Si l’objectif de la communauté internationale à long terme est non seulement la paix entre Israël et la Palestine mais aussi avec la Syrie et le Liban, dans l’immédiat la reprise du processus de paix dépend de la constitution d’un gouvernement palestinien uni, a souligné l’envoyé de l’ONU pour le Moyen-Orient lors de son exposé mensuel devant le Conseil de sécurité.

« Au centre du conflit est le problème entre Israël et la Palestine », a dit Alvaro de Soto, qui a rappelé l'étendue de la crise qui se poursuit à Gaza.

Depuis le 25 juin, 295 Palestiniens, dont 66 enfants, ont été tués et 1.113 blessés au cours d'opérations israéliennes et 2 Israéliens tués et 20 blessés.

Des informations indiquent que l'armée israélienne s'apprête à intensifier ses opérations à Gaza, pour lutter contre l'infiltration d'armes à partir de la frontière égyptienne et faire relâcher le caporal Shalit pris en otage par des militants palestiniens, a-t-il affirmé.

Le Représentant spécial a indiqué que « les autorités égyptiennes menaient les efforts pour régler la crise, et qu'un ensemble de propositions visant à répondre aux préoccupations de tous étaient sur la table, mais que les ravisseurs avaient besoin de garanties supplémentaires ».

« L'autre crise à surmonter est la crise de l'Autorité palestinienne », a-t-il dit, rappelant que la société palestinienne hésitait jour après jour entre unité nationale et la guerre civile.

Il y a deux semaines, au moins huit Palestiniens ont été tués et 70 blessés dans des affrontements entre les forces de sécurité palestinienne loyales envers le Fatah et la force déployée par le ministre de l'Intérieur du Hamas.

Alvaro de Soto a souligné que la crise économique à Gaza, décrite par Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU comme une « bombe à retardement », était aggravée par le refus persistant d'Israël de transférer le « demi-milliard de dollars » de taxes qu'il collecte au nom de l'Autorité palestinienne et par le blocus quasi permanent du Territoire palestinien.

« Israël a des préoccupations légitimes en matière de sécurité », a néanmoins souligné le Représentant spécial, qui a engagé l'Autorité palestinienne à faire cesser les tirs de roquette contre Israël.

Mais Alvaro de Soto a souligné que « ce n'est qu'en détachant l'accès économique aux civils de l'impasse politique plus large que l'Accord sur l'accès et le mouvement des biens et des personnes pourrait être appliqué, et que l'économie palestinienne pourrait avoir une chance de se rétablir ».

Sur les efforts pour parvenir à la paix dans la région, Alvaro de Soto a « rappelé que le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait déclaré qu'il était prêt à rencontrer le président Abbas – une possibilité qui reste à l'étude ».

Le Premier ministre israélien a aussi appelé à des pourparlers directs entre Israël et le Liban, « mais le Premier ministre du Liban Fouad Siniora a dit que son pays serait le dernier à signer un traité de paix avec Israël », a-t-il dit.

Parallèlement, « le président Syrien Bashar al-Assad a déclaré publiquement qu'il souhaitait négocier avec Israël pour obtenir la restitution du Golan et une paix durable ».

Le Premier ministre israélien a « rejeté ces déclarations, soulignant que la Syrie devait cesser son soutien au terrorisme ».

Alvaro de Soto a enfin appelé le Quatuor et les donateurs à reprendre leur engagement dans les territoires palestiniens s'il y avait une véritable évolution – c'est-à-dire si les Palestiniens travaillaient à rétablir l'ordre public et à prévenir les attaques contre Israël au lieu de s'affronter dans la rue.

Le Représentant spécial a aussi souligné que toute solution devrait prendre en compte l'Initiative de paix arabe adoptée en 2002 à Beyrouth, « pièce cruciale du puzzle régional ».

Voir l’ensemble des déclarations au Conseil de sécurité dans le communiqué de presse de l’ONU.

 

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