L&#39ONU demande à l&#39Erythrée de retirer ses troupes de la zone de sécurité

16 octobre 2006

Le Secrétaire général s&#39est déclaré profondément préoccupé par l&#39incursion de l&#39Erythrée dans la Zone de sécurité qui a été établie en vertu de l&#39Accord de 2000 sur la cessation des hostilités, estimant que cette évolution de la situation constitue une « violation majeure du cessez-le-feu ».

La Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) a indiqué, ce matin, que les Forces de défense érythréennes (EDF) avaient déployé environ 1 500 soldats et 14 chars de combat dans la Zone de sécurité temporaire.

Par ailleurs, « les EDF se sont emparées d'un point de contrôle de la MINUEE dans le secteur Ouest », a dit le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Dans son message publié aujourd'hui, le Secrétaire général estime que cette action « pourrait gravement compromettre le processus de paix et saper les Accords d'Alger signés entre l'Éthiopie et l'Érythrée, sans parler des conséquences pour toute la région ».

Kofi Annan a demandé instamment au gouvernement de l'Érythrée de « retirer immédiatement ses troupes de la Zone et de coopérer avec les Nations Unies au rétablissement des arrangements relatifs au cessez-le-feu ».

Par sa résolution 1710 (2006), adoptée le 29 septembre, le Conseil de sécurité a exigé de nouveau de l'Érythrée qu'elle lève toutes les restrictions qu'elle impose aux déplacements et aux opérations de la Mission. À cet égard, il a exprimé « la vive préoccupation que lui inspire l'expulsion récente par l'Érythrée de membres du personnel de la MINUEE » (dépêche du 29.09.06).

Le Conseil de sécurité a exigé également à nouveau de l'Éthiopie qu'elle accepte la décision de la Commission du tracé de la frontière.

Par ailleurs, il exige des parties qu'elles fournissent à la MINUEE « les facilités d'accès, l'assistance, le soutien et la protection nécessaires à l'accomplissement de ses tâches, y compris celle d'aider à la délimitation de la frontière ».

La MINUEE a été créée en juillet 2000 dans le but de maintenir une liaison entre l'Ethiopie et l'Erythrée et de mettre en place le mécanisme qui permettra de vérifier la cessation des hostilités entre les deux pays.

Mais depuis le mois d'octobre 2005, le gouvernent érythréen, qui réclame la démarcation de la frontière avec l'Ethiopie, soumet la MINUEE à une interdiction de survol du territoire par ses hélicoptères. Il limite aussi le territoire qu'elle est habilitée à surveiller et les routes qu'elle peut emprunter. Il a enfin demandé l'expulsion de son personnel occidental et procédé à l'emprisonnement de membres du personnel de la Mission de nationalité érythréenne.

 

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