L&#39Assemblée générale a nommé Ban Ki-moon pour succéder à Kofi Annan

13 octobre 2006

Acceptant la recommandation du Conseil de sécurité, l&#39Assemblée générale a nommé aujourd&#39hui par acclamation le Sud-coréen Ban Ki-moon pour succéder à Kofi Annan au poste de Secrétaire général de l&#39ONU, à partir du 1er janvier et pour un mandat de cinq ans.

Lors d'une séance plénière de l'Assemblée générale, le président du Conseil de sécurité pour le mois d'octobre, l'ambassadeur du Japon Kenzo Oshima, a présenté la résolution 1715 du Conseil qui recommandait à l'Assemblée la nomination de Ban Ki-moon.

Car selon la Charte Charte des Nations Unies, « le Secrétaire général est nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil ».

La présidente de l'Assemblée générale, Sheika Haya Rashed Al Khalifa, a ensuite soumis aux 192 Etats membres de l'ONU la résolution de l'Assemblée décidant de la nomination de Ban Ki-moon. Ce texte a été adopté par acclamation.

« C'est un jour historique pour l'Organisation qui continue d'évoluer et de vivre selon les valeurs et les principes de la Charte », a déclaré la présidente.

Prenant la parole à son tour, Kofi Annan a souligné les qualités du lauréat, « un homme remarquablement attentif aux sensibilités des pays et des peuples de tous les continents », « un homme doué d'une vision réellement mondiale ».

« Il y a plus de 50 ans, le premier Secrétaire général de l'ONU, Trygve Lie, a utilisé les mots suivants pour saluer son successeur, Dag Hammarskjöd, je cite, 'Vous allez assumer la tâche la plus ingrate du monde' », a dit Kofi Annan. « Cela est peut-être vrai, mais je dirais que c'est aussi le meilleur métier du monde », a-t-il poursuivi.

Puis avec ironie, le Secrétaire général a donné quelques conseils à son successeur : garder le sens de l'humour et ne pas oublier de s'amuser tout au long du parcours.

Ban Ki-moon qui a été invité à prendre place à la tribune a été accueilli sous les applaudissements. Il deviendra, le 1er janvier, le 8e Secrétaire général de l'Organisation et le deuxième Asiatique à avoir nommé à ce poste, après le Birman U Thant.

Se tournant vers Kofi Annan, Ban Ki-moon a d'abord rendu hommage à son prédécesseur qui a guidé l'Organisation vers le 21e siècle « de manière habile ». « Vous avez défini un agenda ambitieux qui ont rendu les Nations Unies indispensables à la paix, à la prospérité et à la dignité humaine dans le monde », a-t-il déclaré.

« Notre dette envers votre courage et votre vision n'est pas mesurable. Je suis résolu à construire sur votre héritage », a-t-il affirmé.

« L'Asie est dynamique et diverse et elle aspire à assumer de grandes responsabilités pour le monde », a souligné le Sud-coréen.

« L'Asie est aussi une région où la modestie est une vertu. Mais la modestie marque la façon d'être, non pas la vision ou le but à atteindre », a-t-il ajouté, précisant que cela ne signifiait pas le manque d'engagement ou de leadership mais plutôt « la détermination dans l'action pour faire avancer les choses sans trop de fanfare ».

« C'est peut-être la clé du succès de l'Asie et, dans le futur, de l'ONU. D'ailleurs notre Organisation est modeste dans ses moyens mais pas dans ses valeurs. Nous devrions être plus modestes dans nos mots mais pas dans nos performances. La véritable clé du succès de l'ONU n'est pas tant ce qu'elle promet mais ce qu'elle fait pour ceux qui en ont le plus besoin », a-t-il estimé.

Le prochain Secrétaire général a affirmé qu'il travaillerait « pour matérialiser notre responsabilité de protéger les plus vulnérables membres de l'humanité et pour réduire pacifiquement les menaces à la sécurité internationale et à la stabilité régionale ».

Faire face à l'extension des opérations de maintien de la paix, aux menaces posées par le terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive, seront les priorités de Ban Ki-moon.

Il a aussi souligné l'importance d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), de lutter contre le VIH/SIDA et la dégradation de l'environnement.

La nécessité du respect des droits de l'homme a été mentionnée à plusieurs reprises dans son discours.

S'exprimant également en français, le Sud-Coréen a affirmé qu'il était « déterminé à gérer le Secrétariat d'une manière ouverte et responsable ».

« Je vais travailler pleinement pour que la société civile s'engage sur la voie du dialogue. Je ferai en sorte d'obtenir l'aide et la participation des organisations de soutiens à des causes humanitaires, du monde des affaires et des autres composantes de la société civile à travers le monde ».

« Je serai entièrement responsable pour la gestion du Secrétariat. Les Etats membres établissent les mandats et fournissent les ressources. Si les ressources me paraissent insuffisantes pour relever les défis, je n'hésiterai pas à vous le dire » a-t-il fait observer.

Ban Ki-moon a terminé son discours en rappelant à quel point l'ONU avait été importante pour la Corée du Sud et restait « le phare illuminant des jours meilleurs ».

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.