Le HCR préoccupé par l&#39intensité des combats au Darfour

10 octobre 2006

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s&#39est dit aujourd&#39hui « extrêmement inquiet » face à l&#39intensité des combats qui ont eu lieu samedi au Darfour entre l&#39armée et les rebelles soudanais, à seulement quelques kilomètres du camp de réfugiés d&#39Ouré Cassoni du côté tchadien de la frontière.

« Bien que personne dans ou autour du camp n'ait été touché, les réfugiés et les travailleurs humanitaires ont été très inquiétés par les coups de feu et les bombardements juste à la frontière », a rapporté Jennifer Pagonis, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

« Cet accrochage est une preuve supplémentaire de la déstabilisation qui touche actuellement la région et au sujet de laquelle le Haut Commissaire, António Guterres, a plusieurs fois lancé des avertissements », souligne la porte-parole.

Le HCR estime que la détérioration actuelle de la situation sécuritaire au Darfour et l'insécurité croissante dans l'est du Tchad mettent en évidence « le besoin urgent de transférer les réfugiés soudanais présents au camp d'Ouré Cassoni plus loin de la frontière ».

Alors que la plupart des 12 camps gérés par l'agence dans l'est du Tchad sont localisés à au moins 50 kilomètres de la frontière, Ouré Cassoni, qui accueille 26.300 réfugiés est seulement à 5 kilomètres de la frontière avec le Soudan.

« Nous avons reçu l'autorisation du gouvernement tchadien et des autorités locales d'étudier la possibilité d'installer un camp de réfugiés sur un terrain disponible près de la ville de Biltine, dans le département de Wadi Fira », a indiqué Jennifer Pagonis, précisant qu'il y avait aussi des réticences à un tel transfert.

« L'identification de sites appropriés avec de l'eau en quantité suffisante et du bois de chauffage dans l'est du Tchad désolé constitue un défi majeur », explique-t-elle.

« Avec la détérioration de la situation sécuritaire, il est maintenant urgent que ce transfert ait lieu et nous travaillons dans cet objectif », a-t-elle insisté, rappelant que l'ouverture d'un nouveau site pourrait prendre plusieurs mois.

Dans son dernier rapport sur le Darfour, le Secrétaire général avait affirmé que l'insécurité n'avait jamais été aussi grande dans cette région.

Kofi Annan a notamment dénoncé « la décision du gouvernement soudanais de déployer d'importantes forces armées au Darfour », ce qui témoigne de « son apparente détermination à rechercher une solution militaire à la crise dans la région ».

Plus grave encore sont « les informations selon lesquelles le gouvernement a fourni un appui militaire aérien durant des attaques dirigées contre les populations civiles » (dépêchedu 05.10.06).

Dans un rapport publié hier, le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a dénoncé les attaques menées, au mois d'août, par des centaines de miliciens, appartenant à une tribu arabe et soutenus par le gouvernement du Soudan, sur des dizaines de villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines, qui auraient fait de nombreuses victimes (dépêche et communiqué du 09.10.06).

 

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