Darfour : les Nations Unies dénoncent de nouveaux massacres &#39à grande échelle&#39

9 octobre 2006

Dans un rapport publié aujourd&#39hui, le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l&#39homme (HCDH) a dénoncé les attaques menées, au mois d&#39août, par des centaines de miliciens, appartenant à une tribu arabe et soutenus par le gouvernement du Soudan, sur des dizaines de villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines, qui auraient fait de nombreuses victimes.

Le HCDH a exhorté le gouvernement du Soudan à « ordonner une enquête indépendante sur les récentes attaques perpétrées par des milices qui pourraient avoir fait des centaines de morts parmi les civils dans le sud du Darfour », annonce un communiqué publié à Genève.

« Quelque 300 à 1 000 membres de milices armées appartenant à la tribu Habbania ont mené au mois d'août une série d'attaques sur 45 villages dans la région de Buram située dans le Darfour-Sud », affirme le rapport du Haut Commissariat, élaboré en collaboration avec la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), grâce notamment à des entretiens avec des survivants.

Les populations des villages attaqués viennent principalement des tribus Zaghawa, Massalit et Misserya Jebel.

« Les attaques étaient marquées par la volonté délibérée de s'en prendre aux civils venant des tribus d'origine 'africaine', de brûler les villages, de piller et de provoquer des déplacements massifs », souligne le communiqué.

« Elles semblent avoir été menées avec l'approbation et le soutien matériel des autorités soudanaises », ajoute le rapport.

Plusieurs centaines de personnes auraient péri dans ces attaques, estime le HCDH.

Le rapport indique aussi que « les agressions à grande échelle ont provoqué des déplacements de population chaotiques et la séparation de nombreuses familles ».

Le conflit au Darfour qui a démarré en 2003 a déjà fait plus de 200.000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Dans son dernier rapport sur le Darfour, le Secrétaire général avait affirmé que l'insécurité n'avait jamais été aussi grande dans cette région, où les organismes humanitaires n'ont jamais eu un accès aussi limité depuis 2004, mettant en garde contre une catastrophe humanitaire (dépêche du 05.10.06).

Présentant son 3e rapport au Conseil de sécurité sur les crimes commis au Darfour, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, affirmait en juin dernier avoir rassemblé des preuves « de milliers d'assassinats présumés de civils » et de « massacres à grande échelle » (dépêche du 14.06.06).

La CPI est chargée d'enquêter sur les crimes commis au Darfour depuis le 1er février 2002, suite à l'adoption de la résolution 1593 adoptée par le Conseil de sécurité en mars 2005.

 

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