Le déversement des eaux usées menace les océans, prévient le PNUE

4 octobre 2006

Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l&#39environnement (PNUE) publié aujourd&#39hui, le déversement des eaux usées menace la santé et la richesse d&#39un nombre important d&#39océans et de mers à travers le monde.

« La pollution, liée à une démographie galopante dans les zones côtières et à des infrastructures d'assainissement et de traitement des déchets inadéquates, constitue une menace pour la santé publique, les espèces sauvages ainsi que pour les sources de revenu comme la pêche et le tourisme », indique le PNUE dans un communiqué publié au Havre.

« On estime que 80% de la pollution marine est d'origine terrestre. Ce chiffre pourrait croître de manière significative d'ici à 2050 si le doublement prévu de la population côtières a lieu et si nous n'accélérons pas les mesures pour combattre la pollution », a affirmé le directeur du PNUE, Achim Steiner.

Dans de nombreux pays en développement, de 80 à 90 % des eaux usées déversées sur les côtes sont des effluents bruts.

« La destruction et la dégradation des mangroves, des récifs coralliens, des herbiers marins et d'autres écosystèmes côtiers d'importance fondamentale pour l'économie, est une autre source croissante d'inquiétude », souligne l'étude intitulée Rapport sur l'état de l'environnement marin.

« En revanche, ajoute le communiqué, la pollution pétrolière, c'est-à-dire la quantité d'effluents pétroliers déversés par les industries et les villes, a baissé de près de 90 pour cent depuis le milieu des années 80 ».

Selon le PNUE, la baisse significative des cas de contamination marine par des polluants organiques persistants toxiques, tels que le DDT, et par des effluents radioactifs constituent un autre succès.

Le rapport estime néanmoins que dans le domaine des pollutions liées aux déversements de macro-déchets et de nutriments, les résultats sont peu encourageants.

Dans cette dernière forme de contamination, des nutriments provenant de sources différentes telles que l'agriculture et les déchets animaux, « fertilisent » les zones côtières et mènent à l'efflorescence d'algues toxiques et à la création de « zones mortes » dépourvue d'oxygène.

Parallèlement, le rapport signale l'émergence de nouveaux éléments inquiétants concernant le débit réduit des fleuves en raison de barrages et du réchauffement planétaire, une nouvelle série de produits chimiques, l'état des zones côtières humides et de l'eau douce et la hausse du niveau de la mer, associée au changement climatique.

Les chercheurs auteurs du rapport appellent également à améliorer la surveillance et la collecte d'information dans certaines régions, y compris en Afrique, où existent de grandes lacunes en terme de connaissances et de données concrètes sur le niveau de la pollution marine.

Mondialement, il faudrait investir 56 milliards de dollars supplémentaires pour s'attaquer aux problèmes des eaux usées, estime le rapport.

 

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