Géorgie/Russie : Kofi Annan appelle les parties à continuer de régler leurs différends de façon &#39constructive&#39

3 octobre 2006

Le Secrétaire général s&#39est déclaré aujourd&#39hui satisfait de constater que la Géorgie et la Fédération de Russie avaient été en mesure de régler la question de l&#39arrestation d&#39officiers russes en Géorgie de façon « pacifique et constructive », les engageant à poursuivre sur cette voie.

Dans un message transmis par son porte-parole, Kofi Annan a salué à cet égard les efforts du président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Karel de Gucht.

« Le Secrétaire général exprime l'espoir que toutes les parties concernées s'abstiendront de toutes mesures ou déclarations qui pourraient affecter la stabilité de la région et les encourage à résoudre de façon constructive les problèmes existants », ajoute le message.

Selon les informations parues dans la presse, la Géorgie a procédé à l'arrestation de quatre officiers russes sur son territoire, les accusant d'organiser un réseau d'espionnage. La Russie a en retour coupé les transports et les liens postaux avec la Géorgie, levant des craintes quant à l'approvisionnement en énergie dans ce pays, qui dépend du gaz naturel russe. Elle a indiqué qu'elle maintenait ses sanctions malgré la libération des officiers, transmis à l'OSCE avant de s'envoler pour Moscou.

Les tensions entre les deux pays tirent aussi leur origine dans le fait que la Géorgie estime, comme elle l'a récemment affirmé à l'Assemblée générale, que la Russie apporte son soutien aux séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la situation en Abkhazie (Géorgie), le Secrétaire général a affirmé « qu'un renouveau des tensions avait émergé entre les parties géorgienne et abkhaze ».

Le rapport a notamment cité « l'opération spéciale » menée par la Géorgie dans la haute vallée de la Kodori.

Le 25 juillet dernier au petit matin, une opération spéciale de grande envergure a été lancée dans la haute vallée de la Kodori contrôlée par la Géorgie sous la conduite des ministres géorgiens des Affaires intérieures et de la Défense, avec l'objectif déclaré était de rétablir l'ordre dans la région.

Cette opération a été décriée par la partie abkhaze comme visant en fait à permettre de « mettre la main sur une 'base stratégique extrêmement importante située à cinq minutes à peine de Soukhoumi [capitale de l'Abkhazie] à vol d'oiseau'.

« Les récents événements de la vallée de la Kodori ont fait ressortir plusieurs éléments d'importance, notamment les suivants : a) l'engagement pris par les deux parties de fournir une notification préalable et de garantir la complète transparence de tout mouvement de leurs matériels et personnels militaires autorisés par l'Accord de Moscou; b) le maintien de canaux de communication et de dialogue; et c) un accord sur les modalités de surveillance de la vallée de la Kodori », indique le rapport.

« Les récents événements survenus dans la zone du conflit abkhazo-géorgien et dans la région de Tkshinvali/Ossétie du Sud illustrent les dangers que continuent de poser les 'conflits gelés' de la Géorgie », a prévenu le Secrétaire général.

Kofi Annan a estimé que « la difficulté de parvenir aujourd'hui à une solution négociée du conflit abkhazo-géorgien ne fait aucun doute, l'écart entre les positions des deux parties sur la question du statut politique s'étant creusé au fil des années ».

« Il n'existe cependant aucune alternative au dialogue : la menace de la force ne peut en effet qu'aggraver la méfiance actuelle, et un retour à la violence serait la pire des solutions pour les communautés concernées ainsi que pour la stabilité de la région et au-delà », a-t-il ajouté.

En conséquence, le Secrétaire général a demandé au Conseil de sécurité de proroger le mandat de la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) pour une nouvelle période de six mois jusqu'au 15 avril 2007.

 

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