Erythrée : la Mission de l&#39ONU réclame l&#39accès à un de ses employés, arrêté pour trafic

26 septembre 2006

Alors qu&#39elle continue d&#39être l&#39objet de restrictions à sa liberté de circulation, la Mission des Nations Unies en Éthiopie et Erythrée (MINUEE) a demandé à avoir accès à un de ses employés, incarcéré par les autorités érythréennes pour trafic d&#39êtres humains, pour mener sa propre enquête.

« Le 22 septembre 2006, la télévision érythréenne a diffusé des images de l'arrestation et de la détention, le 28 août dernier, d'un membre de la MINUEE, arrêté sur la base d'allégations de tentative d'acheminer des ressortissants érythréens hors du pays », indique un communiqué de la Mission.

« La Mission n'a reçu ni de notification formelle de la part des autorités érythréennes concernant cette affaire ni d'éléments de preuve », mais « elle reconnaît son obligation de faciliter le cours normal de la justice et prend ces allégations très au sérieux », ajoute le communiqué.

La MINUEE a lancé « une enquête approfondie sur la question » et demande la coopération du gouvernement érythréen pour qu'elle soit menée à bien, précise-t-il.

Cet incident intervient sur fond d'une situation de blocage pour la Mission chargée de surveiller le cessez-le-feu entre l'Erythrée et l'Ethiopie.

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la MINUEE rendu public hier, le Secrétaire général se déclarait « profondément préoccupé par l'impasse où se trouve le processus de paix entre l'Éthiopie et l'Érythrée », « quatre ans après la décision prise en 2002 par la Commission du tracé de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie ».

« C'est là une situation intenable du fait de laquelle, si rien n'est fait pour y remédier, l'on risque de déclencher, intentionnellement ou non, des événements aux conséquences désastreuses sur les deux pays et sur la région tout entière », a estimé Kofi Annan.

« Bien que l'Éthiopie et l'Érythrée ne cessent de réaffirmer leur détermination en faveur d'un cessez-le-feu et du processus de paix, leurs discours publics et actions politiques contredisent parfois, dans l'esprit et dans la lettre, les termes de l'Accord de cessation des hostilités », affirmait-il.

« Alors que la communauté internationale déploie des efforts sans relâche pour sortir de l'impasse et entamer le tracé de la frontière, il importe au plus haut point que les parties s'abstiennent de tout acte de provocation, notamment de faire usage d'une propagande hostile ou de se porter mutuellement des attaques publiques. Hélas, la volonté politique des parties de régler définitivement les questions en jeu et de mettre en ?uvre la décision de la Commission du tracé de la frontière est toujours loin d'être évidente », soulignait-t-il.

Le rapport considérait aussi comme « particulièrement inquiétantes » l'arrestation et la détention de fonctionnaires internationaux de la MINUEE, l'expulsion de cinq agents de la sécurité de l'ONU et les arrestations et détentions incessantes par les services de sécurité érythréens de membres du personnel de la Mission recrutés sur place.

« Le gouvernement érythréen devrait libérer sans tarder tous les membres du personnel de la MINUEE qui se trouvent en détention et permettre à la Mission de poursuivre normalement ses activités », recommandait le rapport.

 

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