Ouganda/RDC : Jan Egeland &#39optimiste&#39 sur les chances de sortir des crises humanitaires

12 septembre 2006

Lors d&#39une conférence de presse à Nairobi au terme d&#39un voyage de huit jours dans l&#39Afrique des Grands Lacs, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, s&#39est déclaré « plus optimiste » qu&#39il ne l&#39a jamais été sur la possibilité de mettre fin à certaines des « pires guerres de notre génération ».

« Je pense que tant au Congo que dans le nord de l'Ouganda les prochains mois permettront un retour à la normale et une véritable chance pour la communauté internationale de contribuer à la paix et à la stabilité », a affirmé Jan Egeland, lors de sa conférence de presse dans la capitale du Kenya.

« Aucune autre région du monde n'a connu une telle hémorragie en termes de vies humaines que la région des Grands Lacs. Au Congo, nous estimons que 4 millions de vies ont été perdues du fait de la guerre et des mauvais traitements, soit six génocides rwandais pour le seul Congo oriental », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint a exprimé l'espoir que les « élites africaines, politiques, militaires et culturelles, ne reproduiraient pas les erreurs catastrophiques du passé ».

Il a aussi appelé la communauté internationale à faire plus, notamment en termes de financement.

« Nous sommes gravement sous-financés pour l'accueil des réfugiés. Nous n'avons même pas assez d'argent pour assurer l'assistance alimentaire au Congo d'ici à la fin de l'année », a dit Jan Egeland qui a rappelé qu'il fallait 7 millions de dollars par mois pour la période du retour des réfugiés et du désarmement des soldats.

A cet égard, il s'est déclaré très préoccupé par sa rencontre avec d'ex-miliciens Maï Maï au Congo qui lui ont dit n'avoir reçu aucune assistance après leur désarmement. « C'est une bombe à retardement » a-t-il dit.

Quant à l'Ouganda, il ne s'agit plus de « la crise humanitaire la plus négligée au monde », selon la formule qu'il avait lui-même naguère inaugurée.

Mais en Acholiland, épicentre au nord de l'Ouganda des activités meurtrières de la LRA, près de 80% de la population est réfugiée dans des camps au milieu d'un désert humain, et devra être rapatriée dans ses foyers.

Jan Egeland a rappelé avoir rencontré à Juba, au Sud-Soudan, les chefs du gouvernement mais aussi les participants au processus de paix dans le nord de l'Ouganda, à savoir le gouvernement ougandais et des membres de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), groupe armé connu pour ses activités sanguinaires dans le nord de l'Ouganda.

Il a aussi eu une conversation téléphonique avec Vincent Otti, le numéro deux de ce groupe, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, afin d'obtenir, sans succès, la libération des femmes et enfants kidnappés par la LRA.

Jan Egeland a souligné l'importance de l'inculpation prononcée par la CPI, face aux Ougandais qui ont exprimé la crainte qu'elle n'entrave le processus de paix.

« Je suis confiant que cela n'entravera pas le processus de paix », a-t-il affirmé, rappelant qu'au contraire ce dernier avait commencé après les inculpations.

 

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