Sri Lanka : le nombre de personnes déplacées augmente dangereusement, selon le HCR

11 août 2006

Un nombre grandissant de personnes sont déplacées en raison des combats au nord-est du Sri Lanka entre les forces gouvernementales et les rebelles des Tigres libérateurs de l'Eelam Tamoul (LTTE), indique aujourd'hui l'agence des Nations Unies pour les réfugiés.

« Les autorités locales rapportent que plus de 50 000 personnes sont maintenant déplacées, un accroissement important par rapport au chiffre de 21 000 annoncé mardi. Elles ont trouvé refuge dans 51 sites du district de Trincomalee », a dit aujourd'hui Jennifer Pagonis, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), lors de son point de presse à Genève.

Les chiffres ont augmenté au cours des derniers jours dans la mesure où des personnes fuient les zones de combat et que des contacts ont été rétablis avec les secteurs qui étaient en première ligne.

« Les besoins en eau, installations sanitaires et dans le domaine de la santé sont prioritaires dans l'effort de secours, particulièrement parce que la surpopulation augmente et fait pression sur les installations de Kantale, principale zone d'accueil », rapporte Jennifer Pagonis.

Travaillant depuis ses bureaux principaux installés à Trincomalee et Colombo, le HCR envoie du matériel de première nécessité (bâches, ustensiles de cuisine, kits d'hygiène et autres biens non alimentaires) vers les zones de déplacement. Ce matériel est distribué par l'intermédiaire du réseau local d'organisations non gouvernementales (ONG), de l'ONG internationale Muslim Aid et des autorités locales.

« Afin d'aider les personnes à accéder aux informations et à retrouver des membres de leurs familles, le HCR a acheté 10 téléphones portables pour les centres de déplacés internes » a poursuivi la porte-parole.

« Nous ne sommes toujours pas en mesure de sécuriser l'accès humanitaire à certaines zones du district de Trincomalee, y compris la ville de Muttur et la division d'Eachchilampattai, où des civils seraient pris au piège par les opérations militaires en cours et où l'on ne sait à combien se chiffre le nombre de personnes déplacées », a-t-elle également indiqué.

« Selon certains rapports, plusieurs milliers de personnes ont fui plus au sud à Vaharai, sur la frontière nord du district voisin de Batticoloa et nous n'avons pas pu accéder à cette zone depuis deux semaines », a-t-elle déploré.

« Des rapports font état d'une dégradation de la situation des déplacés internes et de leur besoin urgent de recevoir de l'aide. Les premiers chiffres indiquent qu'au moins 4000 nouveaux déplacés sont arrivés dans la zone, mais les détails sont encore flous à ce stade », a poursuivi Jennifer Pagonis

Le HCR fait en outre part de son inquiétude car les personnes récemment déplacées incluent des blessés qui ont fui les combats plus au nord et les ambulances ne sont autorisées qu'à aller dans le sud du secteur pour prendre soin des civils touchés par balle.

« Tout aussi inquiétants sont les rapports des combats incessants tout près des centres de personnes déplacées internes autour de Seruwila, au sud de la ville de Trincomalee », a conclu la porte-parole.

 

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