Liban : la Ligue des Etats arabes demande au Conseil de sécurité une résolution "applicable" sur le terrain

8 août 2006

Avant que les représentants du Liban et d'Israël ne s'expriment une nouvelle fois sur le conflit au Moyen-Orient, le représentant du Qatar a demandé au nom de la Ligue des Etats arabes que la résolution négociée par le Conseil de sécurité ne soit pas « impossible à appliquer sur le terrain », prévenant du risque de guerre civile au Liban.

imageRetransmission de la séance du Conseil de sécurité[44mins]

Le Conseil de sécurité était réuni en présence du Secrétaire général, Kofi Annan, du Vice-Secrétaire général, Mark Malloch Brown, ainsi que du président de la Ligue arabe, Amre Moussa et du Sheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis.

Ces deux derniers, ainsi que le représentant du Qatar qui siège au Conseil de sécurité, venaient présenter les observations du gouvernement libanais au projet de résolution sur le Liban soumis samedi par la France et les Etats-Unis, et dont les dispositions continuent de faire l'objet de négociations.

« Nous espérons aujourd'hui que le Conseil de sécurité se penchera sur la situation au Liban et au Moyen-Orient », a dit Hamad ben Hassan bin Jabil al Thani, premier Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, rappelant que « le conflit faisait peser un poids non seulement sur la population et l'infrastructure du pays mais aussi sur sa stabilité politique ».

Le représentant du Qatar a déploré que le Conseil de sécurité reste « inactif et impotent devant ce bain de sang ».

Il a plaidé pour que le Conseil prenne en compte dans son projet de résolution en discussion, « la position arabe » exprimée lors de la réunion de la Ligue des Etats arabes réunie hier en urgence au niveau ministériel à Beyrouth.

« Cette dernière a approuvé le plan en sept points soumis par le gouvernement libanais et soutenu par toutes les parties libanaises », a-t-il souligné, en référence à un projet présenté au Conseil de sécurité le 31 juillet dernier par le représentant du Liban.

« J'attire l'attention du Conseil sur les répercussions de l'adoption d'une résolution impossible à appliquer, qui pourrait compliquer la situation sur le terrain, et aurait de graves conséquences pour le Liban, les pays arabes et tous les pays de la région », a-t-il souligné.

« C'est une erreur de penser qu'une opération militaire pourra assurer la sécurité d'Israël », « au contraire, elle ne fera qu'attiser la haine et l'extrémisme ». Cette question « enflamme la région, et ouvre la voie à un terrorisme incontrôlé », « qu'il soit légitime ou non », a-t-il soutenu.

Le représentant du Qatar a prévenu contre le risque de susciter une guerre civile, soulignant que le gouvernement du Liban était conscient de ce qu'il était possible de faire sur le terrain.

Il a donc rappelé les points principaux du plan libanais : retrait des forces israéliennes derrière la Ligne bleue, renforcement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), élargissement de son mandat, et soutien au déploiement de l'armée libanaise sur tout son territoire.

Pour sa part, Tarek Mitri, ministre de la Culture du Liban et envoyé spécial du Conseil des ministres libanais, a demandé un « cessez-le-feu global immédiat », rappelant que plus de 900 Libanais avaient été tués, près de 3.000 blessés et un million déplacés au cours des 27 derniers jours et estimant qu'Israël avait commis des « crimes de guerre ».

« Nous reconnaissons votre détermination à mettre fin à la violence », a-t-il dit s'adressant au Conseil de sécurité. « Malheureusement, le projet de résolution à l'étude non seulement ne répond pas à nos demandes mais ne pourra atteindre les objectifs recherchés » par la communauté internationale.

« Le projet appelle à une cessation des hostilités immédiate », mais il « faut plus de clarté sur un certain nombre de questions », a dit Tarek Mitri.

Il a cité notamment une disposition du projet de résolution qui appelle le Hezbollah « à cesser toutes les attaques » et qui demande à Israël de cesser « ses actions offensives ». « Toutes les attaques d'Israël ont toujours été qualifiées de défensives », a-t-il dit, estimant que cette formulation laissait le Liban à la merci des décisions d'Israël.

Le représentant du Liban a donc demandé qu'Israël se retire immédiatement du Liban, estimant que « seule la force internationale à l'étude devrait occuper le Sud-Liban ».

Il a précisé que le gouvernement prévoyait de déployer 15.000 soldats de l'armée libanaise à mesure que l'armée israélienne se retirera. Il a encore demandé que soit réglée la question des fermes de Chebaa.

Enfin, le représentant israélien, Dan Gillerman, a estimé qu'il était temps que ce conflit cesse. Mais s'il a souhaité un cessez-le-feu, il a dit qu'il faudrait « un cessez-le-feu qui jette les bases d'une paix durable ».

Il a estimé que « pour la première fois depuis six ans », la communauté internationale avait une chance de neutraliser le Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran.

« Je suis sûr que mes collègues des pays arabes [...] ne souhaitent pas une résolution qui crée un vide dont pourrait profiter le Hezbollah », a-t-il dit.

« Les terroristes sont à l'écoute » des actions du Conseil, a-t-il affirmé, engageant ce dernier à adopter des mesures fermes.

 

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