Côte d'Ivoire : le Conseil de sécurité demande instamment la poursuite des préparatifs électoraux

7 août 2006

Le Conseil de sécurité a demandé instamment aujourd'hui, dans une déclaration présidentielle, que plus rien ne vienne entraver le déroulement des « audiences foraines » destinées à identifier les populations en vue des élections en Côte d'Ivoire.

Le Conseil de sécurité a demandé instamment aujourd'hui, dans une déclaration présidentielle, que plus rien ne vienne entraver le déroulement des « audiences foraines » destinées à identifier les populations en vue des élections, engagées en Côte d'Ivoire.

Ces audiences sont organisées depuis le milieu du mois de juillet dans le cadre du processus d'identification de la population ivoirienne, une étape importante dans l'organisation des élections prévues théoriquement en octobre prochain.

L'identification permettra d'établir les listes électorales avant la tenue du scrutin présidentiel et l'inscription de nouveaux électeurs pourrait déterminer l'issue des élections.

Dans sa déclaration prononcée aujourd'hui en séance, le Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août, Nana Effah-Appenteng, a indiqué que ses quinze membres condamnaient « fermement les entraves au bon déroulement des audiences foraines qui ont suivi les appels lancés par des responsables politiques, dont le Président du Front populaire ivoirien (FPI) et le Président de l'ex-Assemblée nationale », faisant observer que les procédures des audiences avaient été arrêtées en consultation avec le Président Laurent Gbagbo.

« Le Conseil condamne également les actes de violence commis par des groupes organisés, en particulier les Jeunes patriotes, qui ont entraîné la mort de civils, ainsi que l'agression dont le Haut Représentant pour les élections a été la cible le 24 juillet, alors même que la Garde républicaine était présente sur place», a-t-il poursuivi.

« Le Conseil exige de toutes les parties ivoiriennes qu'elles coopèrent pleinement et de bonne foi avec le Premier ministre Charles Konan Banny » a également déclaré Nana Effah-Appenteng.

Le Conseil réaffirme qu'il importe que les opérations d'identification et de désarmement, démobilisation et réintégration se déroulent simultanément et que toutes les parties ivoiriennes accélèrent l'application de la feuille de route, en vue de mettre en place les conditions indispensables à la tenue d'élections libres, ouvertes, régulières et transparentes selon le calendrier prévu.

Cela étant, le Conseil considère qu' « il faudrait organiser dans tout le territoire ivoirien autant d'audiences foraines qu'il est possible de le faire pour se rapprocher de l'objectif de 150 fixé dans le plan du Premier ministre, et mener à bien la deuxième phase du programme de désarmement, démobilisation et réintégration – le cantonnement des combattants – avant la prochaine réunion du Groupe de travail international »

« Le Conseil est préoccupé par le fait que ni les structures de la Commission électorale indépendante, ni les bureaux locaux de la Commission nationale de supervision de l'identification n'ont été déployés dans tout le pays. Il engage les parties ivoiriennes à régler ces questions sans tarder », a poursuivi le président du Conseil de sécurité.

Le Conseil exige en outre des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire, y compris la Garde républicaine, qu'elles agissent en toutes circonstances conformément à la loi républicaine pour assurer pleinement la sécurité de la population, y compris les étrangers, et appuyer l'application de la feuille de route sous l'égide du Premier Ministre.

Le Conseil exige également de toutes les parties ivoiriennes qu'elles coopèrent pleinement aux opérations des Forces impartiales, notamment en garantissant la sûreté, la sécurité et la liberté de mouvement de leurs personnels, ainsi que des personnels associés, sur l'ensemble du territoire ivoirien.

« Aucune entrave à la liberté de mouvement de ces forces ou à la pleine exécution de leurs mandats ne sera tolérée », insiste le Conseil de sécurité.

Selon les informations parues dans la presse, sur les 17 millions de personnes vivant en Côte d'Ivoire, une personne sur cinq – soit 3,5 millions de personnes – ne possède pas de papier d'identité parce qu'à sa naissance elle n'a pas été déclarée à l'Etat civil. Il s'agit généralement de personnes originaires de pays voisins de la Côte d'Ivoire, ce qui en certaines circonstances conduit à un sentiment de xénophobie qui s'est développé ces dix dernières années.

Certains observateurs estiment que beaucoup de personnes refusent de se présenter aux audiences foraines de peur d'être prises pour cibles par les militants du FPI, puisque des étrangers se sont déjà faits agresser à Abidjan.

Voir le compte-rendu de la situation dans le pays par le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire, Gérard Stoudman, le 27 juillet dernier à New York (video).

 

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