OCHA : l'aide humanitaire compromise par la poursuite des bombardements au Liban

7 août 2006

Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Liban, David Shearer, a appelé aujourd'hui les forces militaires israéliennes à cesser leurs attaques sur les infrastructures civiles et toute action entravant l'acheminement de l'aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes déplacées à travers le pays.

Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Liban, David Shearer, a appelé aujourd'hui les forces militaires israéliennes à cesser leurs attaques sur les infrastructures civiles ainsi qu'au recours à toute action entravant l'acheminement de l'aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes déplacées à travers le pays.

Dimanche, deux attaques de missiles à proximité d'un convoi des Nations Unies ont tué au moins deux Libanais dans la ville de Tyr au Sud du Liban, indique un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) publié aujourd'hui à Beyrouth.

« Des attaques comme celle-ci, très proche de nos convois, pourraient nous empêcher de continuer nos efforts d'assistance humanitaire car de nombreux chauffeurs routiers ne sont plus disposés à risquer leur vie », a assuré David Shearer.

Quatre d'entre eux n'ont pas pris leur poste ce matin. « Prendre pour cible des civils et des infrastructures essentielles est une violation du droit international », a-t-il rappelé.

Les bombardements des forces israéliennes ont en outre gravement endommagé les conditions de circulation entre le Nord et le Sud du pays. « La destruction de quatre ponts sur la route qui mène d'Arida à la frontière syrienne à Beyrouth a forcé le Programme alimentaire mondial (PAM) à annuler des convois et à emprunter des itinéraires détournés qui triplent la durée des trajets entre la frontière syrienne et Beyrouth », a-t-il expliqué.

Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies au Liban a également souligné que la destruction d'infrastructures civiles telles que des ponts, des routes, des dépôts de carburant, des centrales électriques et des hôpitaux, avait mené les Libanais à deux doigts d'un désastre humanitaire et menaçait de paralyser les efforts d'assistance.

A cet égard, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a annoncé aujourd’hui dans son communiqué quotidien publié depuis Naqoura, que des frappes de l’armée israélienne avaient détruit un pont temporaire sur la rivière Litani, sur la route au nord de Tyr.

Le pont original avait été détruit au début des hostilités par des frappes israéliennes, précise la FINUL, coupant les communications entre Tyr, Saida et Beyrouth.

La Mission des Nations Unies indique qu’en coopération avec les autorités libanaises, elle tentait de garantir avec l’accord des autorités israéliennes la réouverture de cette route, par la mise en place d’un autre pont temporaire, notamment pour des raisons humanitaires.

Le Coordonnateur des secours humanitaires pour le Liban a par ailleurs souligné que la baisse de l'approvisionnement en carburant pourrait entraîner l'arrêt des centrales électriques dans les jours qui viennent, empêchant de fait les hôpitaux et les stations de pompage de l'eau de fonctionner, ce qui créerait « une crise humanitaire majeure ».

Voir le communiqué de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

« Nous déplorons la poursuite des bombardements israéliens d'infrastructures civiles du Liban et appelons toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations relatives au droit humanitaire international concernant les civils », a déclaré David Shearer, condamnant également « la poursuite des attaques à la roquette perpétrées par le Hezbollah sur des cibles civiles en Israël ».

Selon les chiffres transmis par le Haut Comité de secours du gouvernement libanais, depuis le début du conflit au Liban le 12 juillet dernier, 958 Libanais, la plupart civils, ont été tués, et 3 370 blessés et plus de 915 000 personnes, soit presque un quart de la population libanaise, ont été déplacées, rapporte le communiqué d'OCHA.

En Israël, 95 personnes sont mortes, dont 38 civils, tuées dans le conflit et par les attaques à la roquette menées par le Hezbollah depuis le Liban.

Voir aussi le compte-rendu du porte-parole de l’ONU sur la situation au Liban

 

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