Gaza : les Nations Unies attirent l'attention sur une crise en voie d'être oubliée

3 août 2006

Les agences humanitaires des Nations Unies actives dans le Territoire palestinien occupé se sont déclarées aujourd'hui « profondément alarmées par l'impact de la poursuite des violences sur les civils et les infrastructures à Gaza », plaidant pour que la situation ne devienne pas une « crise oubliée ».

« La poursuite des violences a provoqué une forte dégradation de la situation humanitaire de près de 1,4 million de Palestiniens, pour moitié des enfants », indiquent aujourd'hui les agences humanitaires des Nations Unies dans un communiqué conjoint publié à New York, dans lequel elles s'inquiètent de voir le conflit au Liban éclipser cette crise.

Ce communiqué est signé par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).

Les Nations Unies estiment que « depuis le 28 juin 175 Palestiniens ont été tués, dont 40 enfants et 8 femmes, et que 620 personnes ont été blessées dans la Bande de Gaza ».

Par ailleurs, « un soldat israélien a été tué et 25 Israéliens blessés, 11 d'entre eux par des roquettes artisanales tirées depuis la Bande de Gaza ».

L'ONU estime « qu'en moyenne 8 à 9 roquettes ont été tirées chaque jour vers Israël, soit 319 au total et que l'armée israélienne a procédé à quelque 200 à 250 tirs de mortier par jour vers la Bande de Gaza et mené au moins 220 bombardements aériens ».

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) rappelle, comme l'avait fait sa représentante, Louise Arbour, le 20 juillet dernier, que « les parties à un conflit ont l'obligation de faire preuve de précaution et de respecter le principe de proportionnalité dans toutes les opérations militaires » (dépêche du 20.07.06).

Louise Arbour rappelait notamment que « le bombardement de sites présumés militaires mais causant invariablement des morts parmi la population civile est injustifiable ».

Sur le plan humanitaire, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA affirme aujourd'hui qu'il accueille 1.345 personnes dans quatre écoles dans le nord de Jabalia, qui ont fui les violents bombardements de Beit Hanoun.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) informe que des locaux de l'ONU ainsi que d'importantes étendues de terres arables ont été endommagées par les incursions terrestres de l'armée israélienne.

D'autre part, « le bureau de l'ONU à Gaza a été pillé par des manifestants palestiniens le 30 juillet dernier », indique le communiqué.

OCHA et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent par ailleurs en lumière les difficultés causées par la destruction de la centrale électrique de Gaza par l'armée israélienne, en conséquence de laquelle les Palestiniens ne reçoivent plus que 6 à 8 heures de courant par jour à Gaza.

Cette destruction a « causé une réaction en chaîne de manque de courant, d'absence de carburant pour les générateurs et de pénuries d'eau, qui représente une menace sérieuse pour la santé et une entrave pour tout le système de santé », selon l'OMS.

L'UNFPA note en particulier la difficulté pour les femmes de bénéficier de soins obstétriques d'urgence et d'accès aux soins en matière de reproduction.

Enfin, le PAM et OCHA se déclarent préoccupés par les restrictions aux déplacements qui accroissent la dépendance alimentaire.

S'agissant de l'assistance alimentaire, le PAM indique que les récoltes sont entravées par des problèmes avec le ministère de l'Agriculture, dont le personnel n'a pas été payé depuis le mois de janvier.

L'agence a donc décidé d'accroître le nombre de personnes qu'elle nourrit de 160.000 par mois à 220.000.

 

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