Conseil de sécurité : Jan Egeland appelle à l'ouverture de corridors humanitaires au Liban

21 juillet 2006

Présentant au Conseil de sécurité un bilan de la situation humanitaire au Liban, en Israël et à Gaza, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, a appelé aujourd'hui à l'ouverture de corridors au Liban pour venir en aide à plus d'un demi-million de personnes gravement affectées par le conflit.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies a appelé le gouvernement israélien à l'ouverture immédiate de trois « corridors humanitaires » à la fois au Liban et en dehors du Liban, lors d'un exposé au Conseil de sécurité, réuni pour une nouvelle séance publique sur la situation au Moyen-Orient.

imageRetransmission de la séance du Conseil de sécurité[1h55mins]

Au nom des agences humanitaires des Nations Unies, Jan Egeland a aussi réitéré l'appel du Secrétaire général à la cessation des hostilités (dépêche du 19.07.06).

« La guerre, la terreur, les attaques contre des civils et des infrastructures civiles doivent cesser au Liban, dans le nord d'Israël et à Gaza. Trop d'enfants, de femmes, de vieillards et d'autres civils, ont déjà péri », a-t-il déclaré.

Le conflit au Liban qui entre dans sa deuxième semaine a déjà fait plus de 300 morts et un millier de blessés, a-t-il indiqué, précisant qu'un tiers des blessés étaient des enfants et que les zones les plus affectées étaient le sud du Liban, Beyrouth et la Vallée de la Bekaa.

« Au nord d'Israël, une pluie de roquettes continue de tomber sur les civils et sur les infrastructures civiles. On compte 30 morts et 200 blessés dont beaucoup d'enfants aussi », a-t-il ajouté.

Revenant sur la situation au Liban, le Secrétaire général adjoint a rapporté que les infrastructures publiques avaient été largement détruites, dont des maisons résidentielles, des hôpitaux, des écoles, des routes, des ponts, des ports et des aéroports.

La destruction des routes reliant Beyrouth au sud du Liban empêche les travailleurs humanitaires d'atteindre les populations touchées, a-t-il déploré.

« Il est soit trop dangereux, soit impossible de se rendre dans les zones les plus touchées », a-t-il souligné.

Jan Egeland a aussi précisé que s'il y avait suffisamment de nourriture pour couvrir une consommation nationale pendant trois mois, l'acheminement de cette nourriture restait un problème.

« Dans les principales villes, les hôpitaux fonctionnent, mais ils sont débordés par le nombre de blessés et interrompus par les coupures de courant. Il y a aussi le problème des personnes gravement blessées, bloquées par les bombardements, qui ne peuvent pas atteindre les hôpitaux à temps », a-t-il encore rapporté.

Les agences humanitaires des Nations Unies ? UNICEF, HCR, PAM - augmentent leurs capacités à répondre, tant au niveau des fournitures que des travailleurs.

Le Secrétaire général adjoint a également annoncé qu'il allait se rendre au Liban ce week-end, à la demande du Secrétaire général, à Beyrouth et dans le sud du pays, pour évaluer la situation humanitaire en consultation avec les équipes sur le terrain.

Il se rendra ensuite à Jérusalem, pour s'entretenir avec le gouvernement israélien sur les corridors humanitaires, et à Gaza « où la situation est plus critique que jamais ».

Jan Egeland lancera lundi de Beyrouth un appel de fonds humanitaire d'urgence pour trois mois.

Dans une conférence de presse donnée à l'issue de son exposé au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint a précisé que plus de 500 000 personnes au Liban avaient besoin de secours d'urgence.

imageConférence de presse de Jan Egeland[42mins]

« Le nombre de personnes dans le besoin risque d'augmenter drastiquement », a-t-il prévenu.

A la question de savoir comment s'assurer que le Hezbollah respecterait les corridors humanitaires, Jan Egeland a répondu que l'ONU n'avait que des moyens indirects de rencontrer en contact avec le Hezbollah, à savoir les médias.

Répondant à l'appel lancé par Jan Egeland, le représentant d'Israël, Dan Gillerman, a fait part devant le Conseil de sécurité de l'accord de son pays à l'ouverture d'un corridor humanitaire qui, a-t-il prévenu, « n'apportera qu'une accalmie provisoire ».

S'il a promis « toute la coopération et la collaboration de son Gouvernement et de son armée », il a indiqué « qu'Israël ne mettrait pas fin aux hostilités tant que le terrorisme ne cesserait pas ».

Voir le compte-rendu de la séance à New York.

Par ailleurs, la Représentante spéciale des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés a exprimé aujourd'hui sa « grave préoccupation » face à la détérioration de la situation affectant les enfants et leurs familles au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

Radhika Coomaraswamy a rappelé que le meurtre ou les mutilations, le déni d'accès humanitaire aux enfants ainsi que les attaques des écoles et des hôpitaux étaient considérées comme de graves violations des droits de l'enfant par la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité.

 

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